Fragilisé au sein de son parti après le choix des secrétaires d'Etat PS désignés dans le gouvernement Leterme Ier, le président Elio Di Rupo a exhorté dimanche ses troupes à aller de l'avant au service exclusif des citoyens.
"Tourner la page"
Appelant à "tourner la page", Elio Di Rupo a indiqué sur les plateaux de télévision qu'il restait à la manoeuvre. Le Montois s'est même affiché en candidat à sa succession en 2011.
Critiques
Les critiques n'ont pas manqué ces dernières semaines à l'intérieur du parti, certains parlementaires reprochant au président Di Rupo une gestion trop personnelle. Ces critiques sont apparues au grand jour alors que d'autres se faisaient lancinantes émanant tantôt des régionalistes (entre-temps rassurés par le projet de recomposition du paysage institutionnel francophone) tantôt de la FGTB.
"Attitude incompréhensible"
Le vice-président du parti et président de la fédération bruxelloise du PS, Philippe Moureaux, avait épinglé Elio Di Rupo publiquement, au travers d'une interview accordée au quotidien Le Soir. Evoquant "l'attitude incompréhensible" de M. Moureaux, le président du parti a prôné l'apaisement dimanche, soulignant que lui et M. Moureaux s'étaient rencontrés.
Fragilisé
Pointant la fragilité du président, les observateurs évoquaient déjà sa succession en ranimant le spectre d'une lutte entre le ministre-président de l'espace Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, et la vice-première ministre fédérale Laurette Onkelinx.
Candidat
Dimanche, profitant de l'annonce de la désignation du nouveau secrétaire fédéral Jean-Marc Delizée, Elio Di Rupo a tenu à siffler la fin de la récréation. Il a souligné qu'il restait plus que jamais à la barre et même annoncé sa candidature à sa succession en 2011. "Nous ne sommes pas là pour nous mais pour les gens", a-t-il lancé.
Réélu à la tête du parti en juillet 2007 avec 90% des voix, M. Di Rupo a rappelé la légitimité qui sous-tendait sa présidence. Cette élection avait été anticipée dans un souci de clarification après la défaite électorale du parti socialiste en juin 2007. M. Di Rupo l'avait alors emporté face au Hennuyer Jean-Pierre De Clercq, l'un de ceux que l'appareil du parti avait qualifiés de "parvenus" et rendus responsables de la défaite, intervenue dans un climat délétère suite aux affaires de Charleroi.
Appelant à l'unité, Elio Di Rupo n'en a pas moins laissé Philippe Moureaux sur la troisième marche d'un podium réalisé à la demande de RTL. Il l'a pointé après Anne-Marie Lizin, qui, a-t-il dit, outre certains aspects négatifs, a réalisé beaucoup de bonnes choses, pour l'émancipation des femmes notamment. Ecartant de ce podium Frédéric Laloux, pour l'épargner, M. Di Rupo a laissé la première marche au ministre-président Rudy Demotte qui, selon lui, permet avec Charles Picqué de redonner confiance aux Wallons et aux Bruxellois. (belga)


