"C'est un froid qui vous reprend, tout revient"

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Par: rédaction
21/04/08 - 17h01
MISE À JOUR

Joëlle Parfondry, agressée en 1995 par Michel Fourniret dans le salon de toilettage pour chiens qu'elle exploitait à Jambes, a témoigné ce lundi devant la cour d'assises de la terreur qu'elle a vécu et de la "peur permanente" qui l'habite toujours 13 ans après les faits.

Souffrance en silence
Ses proches ont fait état des difficultés qu'elle éprouve toujours dans sa vie quotidienne. "Mon épouse souffre en silence. Voir souffrir quelqu'un que l'on ne peut aider, ce n'est pas facile", a expliqué Fabrice Biason.

Aveux modifiés
Interrogé sur les faits, Michel Fourniret est revenu sur ses aveux déposés en cours d'enquête. Il a reconnu ce lundi le vol avec arme mais pas la tentative de viol. "Je reconnais intégralement les premiers faits et je ne reconnais pas les seconds", a-t-il dit.

Cagoulé
Joëlle Parfondry, deuxième victime à être confrontée à Fourniret, a expliqué qu'un homme cagoulé et armé a fait irruption dans son salon au moment où elle s'apprêtait à le quitter, le 19 janvier 1995, à 17h00. "J'ai vu une masse toute sombre", a expliqué, visiblement très marquée, Joëlle Parfondry, aujourd'hui âgée de 37 ans.

Hold-up?
Michel Fourniret, qui a fait croire qu'il venait de commettre un hold-up et qu'il était poursuivi par la police, l'a menacée d'une arme de poing. Il l'a entravée avec une écharpe après qu'elle eut réussi à le dissuader de lui passer les menottes. "On est obligé de collaborer car la situation n'est pas naturelle", a-t-elle expliqué.

Enceinte
Il a procédé à des attouchements. Il a exigé qu'elle lui dise "Monsieur, je veux que tu me fasses un petit plaisir". Michel Fourniret l'a obligée à se déshabiller et s'est allongé sur elle dans le but de la violer. Mais il s'est ravisé face à la résistance de la victime qui lui a fait croire qu'elle était enceinte. "Je pousse sur mon ventre et il me dit "purée, tu es enceinte"", a témoigné la victime qui a appelé au secours. "Il m'a dit "Cela suffit. Tu te rhabilles. (...) Il va falloir faire autrement'", a expliqué Mme Parfondry, aujourd'hui maman de deux enfants, âgés de 5 et 10 ans.

Menaces
Michel Fourniret a encore tenté de lui mettre une mandarine, qu'il avait emportée avec lui, dans la bouche. Joëlle Parfondry a à nouveau fait état de douleurs au ventre et son agresseur est parti. Il a emporté son portefeuille et des cartes de banque, précisant qu'il reviendrait si elle portait plainte.

Souvenirs indélébiles
Elle a fait état devant les assises de sa peur au moment des faits, qui ont duré 45 minutes. "J'avais l'impression qu'il entendait mon coeur tellement il battait", a-t-elle dit. Cette peur l'a poursuivi, aggravée par les menaces de représailles. "C'est le regard, les sourcils, les yeux. On examine toutes les personnes que l'on croise en rue", a dit Joëlle Parfondry. "Cela reste présent au quotidien. Que ce soit après un bête film à la télévision ou dans la rue quand je vois une cagoule", a-t-elle poursuivi.

Epreuve difficile
Elle n'a appris que son agresseur était Michel Fourniret qu'en 2004 lorsqu'il a été arrêté. "C'est un froid qui vous reprend, qui vous replonge. Tout revient", a-t-elle dit. Elle a confié qu'elle avait toujours peur de venir témoigner devant les assises. "Pour le moment, c'est son nom partout. C'est son visage partout", a-t-elle dit. C'est la peur "de sentir ce qu'il dégage", a-t-elle précisé. "Elle s'est battue pour venir ici. (...) Je pense que cela lui permettra de passer un cap", a expliqué Fabrice Biason, le mari de Joëlle Parfondry, à l'issue de l'audience. "C'est très dur pour elle de le regarder. Il sourit. Il ose fixer. La prochaine étape, ce sera de pouvoir le regarder", a poursuivi M. Biason, expliquant que son épouse regrette que l'accusé ne reconnaisse pas l'agression sexuelle. (belga)

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