Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a refusé de rétablir l'accréditation de l'hebdomadaire Paris-Match pour le procès des époux Fourniret à Charleville-Mézières en rejetant sa demande en référé, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Avec la décision du tribunal administratif, "il est reconnu que l'organisation d'un procès criminel relève de la seule compétence de l'autorité judiciaire", a constaté dans un communiqué Christophe Aubertin, le magistrat chargé des relations avec la presse au procès Fourniret qui se déroule depuis le 27 mars devant la cour d'assises des Ardennes. Paris-Match avait saisi le tribunal en référé après avoir été privé de son accréditation pour avoir publié une photographie de Michel Fourniret prise pendant une audience de la cour d'assises, en infraction d'une loi de 1954 complétant la loi de 1881 sur la liberté de la presse.
La décision de retrait de l'accréditation avait été prise le 3 avril par le président de la cour d'assises, ainsi que le premier président et le procureur général de la cour d'appel de Reims. Le directeur de la rédaction de Paris-Match, Olivier Royant, avait protesté contre cette décision "disproportionnée", en soulignant que le cliché montrait "en flou et en silhouette" le tueur en série présumé. De son côté, le procureur général de Reims, Eric Enquebecq, avait affirmé que cette mesure rarissime répondait à une "violation délibérée" des règles et que la "confiance (dans la presse) avait été trahie".
Quelque 300 journalistes et techniciens ont été accrédités au procès de Michel Fourniret qui répond de sept meurtres aggravés de jeunes filles. L'accusé avait refusé, à l'ouverture du procès, de s'exposer aux prises de vue des photographes et cameramen, à l'inverse de son épouse et complice présumée, Monique Olivier. (belga)


