Dans un nouvel extrait d'aveux de Michel Fourniret filmés en 2004 en Belgique et diffusé mardi devant les assises des Ardennes, le tueur en série présumé a évoqué son obsession de la virginité, "ce foutu symbole", et reconnu qu'elle a provoqué un "magnifique gâchis".
Alors que Michel Fourniret, 66 ans, jugé pour sept meurtres aggravés, refuse toujours de s'expliquer sur les faits faute de huis clos à son procès, la cour a pu le voir et l'entendre s'exprimer dans un nouvel extrait d'une quinzaine de minutes d'une vidéo de près de cinq heures diffusé à la demande des parties civiles. Lundi, deux avocats des familles de victimes avaient demandé que la cour visionne tous les extraits de cette vidéo d'aveux concernant le meurtre de la Belge Elisabeth Brichet et dont une partie avait déjà été diffusée le 15 avril.
Symbole
Le président, Gilles Latapie a accepté le visionnage de deux extraits supplémentaires, l'un mardi et l'autre à une date ultérieure. Dans cet interrogatoire filmé, Michel Fourniret explique avec précision son obsession de la virginité, qu'il qualifie systématiquement de "symbole". "Tant que je n'aurai pas moi-même réussi à perforer cette membrane, je n'aurai pas réalisé cette rencontre avec ce symbole", déclare-t-il à l'enquêteur qui l'interroge. "C'était complètement idiot, utopique. Ce foutu symbole, j'aurais voulu qu'il ne soit pas là", reconnaît-il aussi à l'écran.
Trahison
Selon lui, il aurait été traumatisé d'apprendre que sa première femme n'était pas vierge lors de leur mariage. "Je pensais que ma femme était comme moi, qu'elle était vierge. Avant le mariage, je n'ai pas eu à agresser quelqu'un", précise-t-il en indiquant qu'il se retrouve ensuite obsédé par "cette frustration, cette trahison". "Des petites filles devaient-elles mourir pour ça?", l'interroge le policier. "Quand Monique Olivier a parlé aux enquêteurs, elle a bien fait. Je suis content d'être en prison, honnêtement", répond l'accusé. "Qu'en dites-vous aujourd'hui?", reprend l'enquêteur. "Un magnifique gâchis... de vies disparues", reconnaît Michel Fourniret avant de tenter à nouveau de se justifier.
Obsession
"Etant donné ma franchise, j'ai de moi l'image d'une certaine honnêteté dans ma démarche. Je ne fais pas les choses à moitié" conclut-il. Pendant la diffusion de cet extrait, l'accusé, montré à l'écran en train de pleurer en évoquant le souvenir de sa soeur décédée, est resté impassible. De son côté, Monique Olivier, 59 ans, son épouse et complice présumée, n'a pas jeté un regard à l'écran. La description de sa quête de la virginité par Michel Fourniret n'est pas une première devant la cour. Dans des courriers échangés en 1987 avec Monique Olivier - alors qu'il était détenu à Fleury-Mérogis pour des agressions sexuelles - présentés par une enquêtrice belge, le tueur en série évoquait déjà son obsession pour "cette satanée membrane".
C'est néanmoins la première fois que le violeur et tueur en série présumé évoque le passage à l'acte résultant de sa quête obsessionnelle. "Moi je voulais un symbole et j'avais en face de moi une personne en détresse", explique-t-il dans la vidéo, en évoquant le viol d'Elisabeth Brichet. Un nouvel extrait de cet interrogatoire filmé sera diffusé pendant l'examen de l'enlèvement et du meurtre de Céline Saison, également évoqué dans cet extrait, qui débute mercredi. Le corps de cette jeune fille de 18 ans disparue à Charleville-Mézières en mai 2000 avait été découvert trois mois plus tard dans un bois en Belgique. (afp)


