Pascal Cruypenninck, condamné en première instance à cinq ans de prison pour appartenance à un groupe terroriste, a dit mercredi devant la cour d'appel de Bruxelles être revenu sur son engagement passé qui aurait pu le conduire à mourir en martyr en Irak.
Il a nié avoir voulu endoctriner sa petite amie, alors âgée de 17 ans, pour qu'ensemble ils suivent l'exemple de Muriel Degauque, la première femme occidentale à se faire exploser en Irak, le 9 novembre 2005. Son mari, Issam Goris, avait été tué le lendemain par les forces américaines alors qu'il aurait été porteur d'une ceinture d'explosifs.
La filière d'envoi de combattants islamistes en Irak, à laquelle appartenait le prévenu, avait déjà envoyé deux personnes en Irak et d'autres, comme Pascal Cruypenninck, un Belge de 35 ans converti à l'islam, semblaient prêts à partir si le groupe n'avait pas été démantelé quelques semaines plus tard.
Appel
Les cinq membres de cette filière, condamnés en première instance à des peines comprises entre 28 mois et 10 ans de prison, sont rejugés en appel. "La plus belle mort pour moi à l'époque, c'était de mourir en Irak", a déclaré Pascal Cruypenninck, soulignant que l'Irak était "le pays où l'on tue des musulmans". Il a reconnu qu'il était alors dans un tel état d'esprit mais qu'aujourd'hui, il se "rend compte que cela n'a rien à voir avec la vérité".
Peu après l'attentat de la kamikaze belge, il avait été prévenu par Bilal Soughir, considéré comme le chef de la filière, et lui avait répondu "C'est notre tour maintenant", faisant, selon le ministère public, référence à lui-même et à sa petite amie.
"Je n'ai jamais eu l'intention d'emmener Angélique avec moi", a-t-il dit mercredi, précisant que d'éventuels projets d'aller en Irak étaient de toute manière éloignés dans le temps. "Je devais élever mes enfants avant et j'avais ici des projets avec Angélique", a-t-il expliqué. Il a nié avoir, comme le pense le ministère public, voulu préparer cette petite amie à aller en Irak. "C'était seulement au niveau de la religion. Je lui apprenais des mauvaises choses que je croyais alors bonnes", a-t-il dit.
Il a démenti aussi avoir voulu isoler cette petite amie de sa famille et de ses anciens amis, l'empêchant de notamment de travailler et d'avoir des contacts avec les hommes. "Ce n'est pas que je voulais l'isoler: je voulais qu'elle soit à moi", a-t-il dit.
Interrogé sur la mort en Irak d'Issam Goris, dont il était très proche, il s'est dit très surpris qu'il ait commis un attentat-suicide. "Dans l'islam, il n'y a que les sectes qui font cela. Si lui a fait cela, je suis un peu déçu", a-t-il répondu.
Guerrier
Il a décrit son ami comme un "guerrier", qui lui avait confié par téléphone d'Irak qu'il se battait dans des tranchées et qu'il allait se rendre à Falloujah où les combats étaient très violents. "Il voulait tuer des Américains. Rien d'autre", a-t-il dit.
Pascal Cruypenninck garde la foi musulmane mais a pris du recul, n'éprouvant plus le besoin d'être toujours dans les mosquées avec d'autres musulmans. Il ne vit plus à Bruxelles et dit se sentir "dix fois mieux". (belga)


