Le MR veut confier les centres pour mineurs délinquants au fédéral
Trois députés MR ont redéposé à la Chambre une proposition de loi spéciale qui prévoit de confier au niveau fédéral l'ouverture et la gestion des centres d'accueil de mineurs ayant commis un fait qualifié d'infraction. Les Communautés conserveraient uniquement leur compétence actuelle s'agissant du volet protectionnel de l'aide à la jeunesse.
Le coup de gueule de ce week-end du parquet de Bruxelles suite à l'impossibilité de placer en IPPJ plusieurs mineurs délinquants auteurs de faits graves, relance pour la nième fois le débat sur le manque de place dans les institutions gérées par la Communauté française. Cela alimente également le l'impression d'impunité des jeunes délinquants qui en ressort dans la population, note le groupe MR.
Il rappelle que la problématique perdure depuis des années. Elle a déjà été dénoncée à de nombreuses reprises. La réponse de la ministre Fonck qui dit être au courant mais ajoute qu'elle ne peut pas faire de miracle est d'une indigence totale. Entendre cela de la bouche d'une Ministre en charge de la matière depuis près de 4 ans est consternant, commente Daniel Bacquelaine, chef de groupe MR de la Chambre.
Devant cette situation, les députés fédéraux Xavier Baeselen, Daniel Bacquelaine et Jean-Luc Crucke, ont décidé de redéposer une proposition de loi spéciale déposée sous la précédente législature prévoyant une nouvelle répartition des compétences en matière d'aide à la jeunesse. Elle prévoit de confier au pouvoir fédéral l'ouverture et la gestion des centres d'accueil de mineurs ayant commis un fait qualifié d'infraction. Les Communautés conserveraient uniquement leur compétence actuelle s'agissant du volet protectionnel de l'aide à la jeunesse.
Pour les députés MR, cette proposition de loi spéciale a le mérite de rendre la situation plus cohérente. Actuellement, en effet, le niveau fédéral détermine les mesures à l'égard des mineurs ayant commis un fait qualifié infraction. Les Communautés, quant à elles, sont chargées de la mise en oeuvre de ces mesures, une fois prononcées par un juge.
La problématique des délinquants juvéniles mérite une politique volontariste. Relâcher ces jeunes faute de pouvoir les encadrer est la pire des solutions tant pour la société que pour les jeunes eux-mêmes, insistent les trois députés MR qui réclament également, conformément au Master Plan adopté par le gouvernement, la construction rapide d'un second centre fédéral fermé pour délinquants mineurs en Communauté française et l'extension des capacités d'accueil à Everberg. (belga/7sur7)