"La signature avec la Serbie ne change rien"

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Par: rédaction
29/04/08 - 16h28

Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a minimisé mardi la portée de la signature, ce mardi, d'un accord d'association et de stabilisation (ASA) avec la Serbie, après la levée des vetos opposés depuis des mois par la Belgique et les Pays-Bas.

"On signe l'accord, mais cela n'aura aucun effet tant qu'il n'y aura pas pleine coopération de la Serbie avec le TPI-Y (Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, ndlr)", a assuré le chef de la diplomatie belge, mardi, à Luxembourg. "Dans la pratique, cela ne change rien à ce que la Belgique a défendu par le passé. En fait, nous avons refusé aujourd'hui d'une autre manière. C'est juste de la phraséologie...", a-t-il ajouté, rappelant que la ratification de l'ASA serait conditionnée à la "pleine coopération" de la Serbie avec le TPI-Y.

Isolée avec les Pays-Bas, la Belgique s'opposait depuis des mois à cette signature, réclamant au préalable la "pleine coopération" de la Serbie avec le TPI-Y, à savoir l'arrestation des derniers chefs de guerre serbes, dont Ratko Mladic, inculpé de génocide. A l'approche des élections législatives anticipées en Serbie du 11 mai prochain, la pression des partenaires européens était toutefois de plus en plus forte sur les deux pays du Benelux pour signer cet accord de partenariat, considéré comme un prélude à des négociations d'adhésion à l'UE.

Pour la grande majorité des Etats membres, cette signature de l'ASA sera un coup de pouce utile au camp pro-européen à Belgrade qui affrontera dans les urnes d'ici deux semaines un camp ultranationaliste au plus haut dans les sondages depuis la récente déclaration d'indépendance du Kosovo. Karel De Gucht a toutefois confié mardi avoir des doutes quant aux effets positifs escomptés par cette signature. "Cela pourrait même avoir des effets négatifs", a indiqué M. De Gucht, "mais les pays riverains (de la Serbie) estimaient que cette signature sera un geste positif important. Si Budapest dit que c'est important, qui suis-je, moi de Berlare (commune de Flandre orientale où réside M. De Gucht, ndlr) pour dire que cela ne le sera pas! ", s'est-il encore défendu.

Pour M. De Gucht, la ratification de l'ASA, et donc son entrée en vigueur, restera, elle, bien conditionnée à la "pleine coopératio" de Belgrade avec le tribunal onusien. L'accord conclu mardi à Luxembourg entre les ministres européens des Affaires étrangères précise que ce sera aux Vingt-sept, et à l'unanimité, de juger de la qualité de cette coopération, mais sans s'appuyer nécessairement sur un avis positif émis par le procureur du TPI-Y, le Belge Serge Brammertz.

"Dans la pratique, cela ne devrait toutefois pas se présenter", a assuré M. De Gucht. "Je ne peux pas m'imaginer que des pays comme la Belgique ou les Pays-Bas soient d'accord (de ratifier l'accord, ndlr) sans l'avis positif de Brammertz. Son rapport restera pour nous la référence", a-t-il conclu. (belga)

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