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Occupation des sans-papiers devant l'Office des Etrangers

Une nouvelle occupation des sans-papiers est organisée mardi depuis 14 heures devant l'Office des Etrangers, boulevard du Roi Albert II à Bruxelles, a constaté l'Agence Belga. Dix tentes ont été plantées devant l'entrée du bâtiment de l'Office des Etrangers. Quelque 200 manifestants, dont des étudiants de l'ULB, sont regroupés autour des tentes.

Les sans-papiers réclament un rendez-vous avec la ministre de la Politique de la migration et de l'asile, Annemie Turtelboom.L'occupation symbolique annoncée de 24 heures pourrait être prolongée, ont indiqué certains organisateurs de la manifestation. Seule une demande d'autorisation pour manifester mardi après-midi avait été introduite par les organisateurs auprès de la police. "Je ne bougerai pas aussi longtemps que la ministre n'aura répondu à nos questions. Je dormirai sur place avec mes frères et soeurs et mes trois garçons de 5, 7 et 11 ans. On en ras-le-bol d'attendre. Je suis en Belgique depuis huit ans. Je travaille au noir mais mon employeur ne souhaite pas m'engager. Je souhaite travailler de manière déclarée et payer des impôts. Nous voulons être considérés comme des êtres humains", a déclaré une mère équatorienne de 35 ans.

"Je n'ai pas peur de rester ici. Nous sommes soutenus par les amis, les voisins et les étudiants. Et nous sommes plus de 100.000 sans-papiers en Belgique, tous solidaires. Nous ne craignons pas d'être enfermés", a-t-elle ajouté. L'Union de défense des sans-papiers de Bruxelles a envoyé une lettre à la ministre Annemie Turtelboom pour lui faire part de son inquiétude de ne pas voir l'ancrage durable parmi les critères de régularisation retenus dans la note de politique générale de la ministre. "A l'UDEP (Union pour la défense des sans-papiers, ndlr), environ 80 pc des membres pourraient obtenir une régularisation via l'ancrage durable. Seuls dix pour cent des sans-papiers pourront être régularisés sur base de leur demande d'asile en raison de la longueur de la procédure", a expliqué Gerardo Cornejo, porte-parole de l'UDEP-Bruxelles.

"Nous ne voulons pas d'une politique utilitariste qui exploiterait les sans-papiers. Et même les critères pour l'immigration économique, dont nous ne sommes pas partisans, ne sont plus les mêmes que ceux de l'accord gouvernemental", a-t-il précisé. Les tentes plantées devant l'Office des Etrangers ont été financées par des groupes d'étudiants de l'ULB. Des étudiants veulent participer en permanence à l'occupation afin de prévenir toute expulsion de sans-papiers. Des étudiants en droit, portant des brassards sur lesquels on peut lire l'inscription 'legal team' sont chargés d'appeler des avocats au cas où des sans-papiers devaient être arrêtés.

"Un mouvement étudiant est réellement en train d'être créé. Il n'est pas composé que de militants mais de plusieurs dizaines de personnes sensibilisés par la situation des sans-papiers. Cela dépasse nos espérances. Nous sommes par contre un peu déçu par le manque de réaction des professeurs de l'ULB", a dit Thomas Durant, étudiant à l'ULB et membre du comité de l'occupation des sans-papiers à l'ULB.

"Nous souhaitons un débat de société sur la question des sans-papiers et plus largement sur les thèmes de l'égalité et de la justice.Les sans-papiers sont déjà victimes de l'arbitraire légal. Nous ne voulons pas qu'ils dépendent maintenant de décisions prises arbitrairement par une ministre qui ne respecterait pas les engagements de l'ensemble du gouvernement", a-t-il ajouté. (belga)
29/04/08 17h05
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