Le sort d'Adam, meurtrier de Joe Van Holsbeeck, décidé le 9 mai
Adam Giza, le jeune Polonais soupçonné d'être l'auteur principal du meurtre de Joe Van Holsbeeck commis le 12 avril 2006 à la gare Centrale de Bruxelles, a comparu mercredi, vers midi, devant la chambre du conseil de Bruxelles qui va examiner la demande de renvoi vers la cour d'assises. La décision de la chambre du conseil sera connue le 9 mai prochain. Les parents de Joe Van Holsbeeck, le frère de la victime ainsi que les parents de l'ami de Joe ont assisté à l'audience.
Le juge de la jeunesse s'était dessaisi du cas d'Adam mais pas de celui de Mariusz, reconnu coupable, le 6 décembre dernier, comme coauteur, du vol avec la circonstance aggravante d'homicide volontaire. Mariusz fera l'objet d'un placement en Institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ) à Braine-le-Château jusqu'à ses 20 ans. Pour l'avocat d'Adam, Me Frédéric Clément de Cléty, les dossiers des deux mineurs ne pouvaient être dissociés. Tant au niveau de la défense que des parties civiles, on accepte difficilement l'idée que Mariusz puisse être entendu comme témoin, dans le procès de l'auteur des coups de couteau.
Selon l'avocat de la défense, il n'y a pas de doute sur le renvoi de son client par la chambre du conseil aux assises. Me Clément de Cléty nie cependant toute intention d'homicide de la part de son client le jour du meurtre de Joe Van Holsbeeck à la gare Centrale. "Lorsque les coups de couteau mortels ont été portés, Mariusz avait déjà pris la fuite avec le MP3 et Adam s'est retrouvé seul face aux deux victimes qui se sont défendues courageusement. Adam a porté des coups de couteau pour se dégager", a dit l'avocat du jeune Polonais."Un mois avant le vol de la gare Centrale, deux jeunes ont été interpellés pour avoir porté trois coups de couteau à une victime dans une station de métro. A un centimètre près, un coup de couteau peut s'avérer être mortel ou ne pas avoir de conséquences. L'un des deux jeunes a été relaxé tout de suite et le second a été libéré après un séjour d'un mois au centre d'Everberg", a-t-il rappelé.
"A la mort de Joe Van Holsbeeck, la classe politique belge a feint de se rendre compte qu'il y avait un problème de délinquance en Belgique et a émis son souhait, pour se donner bonne conscience, de voir jugé Adam par une cour d'assises. La médiatisation de l'affaire n'arrange pas les choses", a-t-il ajouté. Pour les parties civiles, l'intention d'homicide ne fait aucun doute. "Quand on frappe plusieurs coups de couteau à des endroits vitaux, on ne peut douter de l'intention d'homicide. Si on souhaite juste blesser une personne, on vise alors les jambes", a réagi Me Sven Mary. "Le débat ne porte pas sur le renvoi ou non d'Adam vers les assises mais sur la qualification des faits. Soit les faits sont qualifiés de vol avec meurtre, soit de vol avec violences ayant entraîné la mort. Dans les deux cas, la cour d'assises reste compétente, même si la mort n'aurait pas été causée volontairement", a expliqué Me Marc Preumont, avocat de la famille de Joe Van Holsbeeck.
"Dans les affaires où des coups de couteau sont portés, les décisions des tribunaux peuvent être très variables car les auteurs ont tendance à nier leur intention de tuer. Avec les armes à feu, il y a moins de doute possible", a dit Me Marc Preumont, qui reste néanmoins convaincu que l'auteur des coups de couteau portés à Joe Van Holsbeeck a eu l'intention de tuer. L'ami de Joe Van Holsbeeck, qui était présent lors de l'agression du 12 avril 2006, n'était pas présent mercredi à l'audience. "A chaque fois, c'est une épreuve pour mon fils qui craint notamment la médiatisation de l'affaire. La procédure est épouvantablement longue. Il se sent coupable de ne pas venir mais il doit s'efforcer à penser à sa propre situation", a confié son père. (belga)