Monique Olivier continue de se dire victime des hommes
André Michaux a provoqué l'hilarité de la salle, accusés y compris.
Monique Olivier en 2004.
Monique Olivier s'est de nouveau dépeinte lundi comme une femme sous influence, victime à la fois de son époux et co-accusé Michel Fourniret et de son ex-compagnon André Michaux, qui s'est défendu de manière fantasque des accusations de violences portées contre lui.
Après avoir passé en revue un à un les crimes reprochés au couple Fourniret, la cour d'assises des Ardennes entamait l'examen de leur personnalité en se penchant sur le passé de Mme Olivier. Née en octobre 1948 à Tours dans une famille d'artisans, Monique Olivier est une élève moyenne, dont les parents s'occupent peu.
Sans son diplôme de secrétaire malgré les cours suivis, elle quitte la maison à 22 ans pour suivre le patron d'une auto-école voisine. Cet homme, André Michaux, de treize ans son aîné, qui sera le père de deux de ses trois fils, se montrera rapidement, selon ses dires, "violent" et "jaloux".
Je ne sais pas dire non
"Il n'aimait pas que je parle avec qui que ce soit (...) Si je frôlais un homme dans la rue, il s'imaginait que je lui faisais des avances", a expliqué Monique Olivier. Un jour, raconte-t-elle, il la traîne par les cheveux, lui immerge de force la tête dans la baignoire, "comme on faisait avec les Arabes en Algérie"; un autre il l'oblige à pratiquer une fellation à un inconnu.
Toute sa vie, elle n'aurait pas trouvé les moyens de se révolter contre ce que les hommes lui faisaient subir: "je ne suis pas capable de dire non, c'est dommage, je fais ce qu'on me demande". Au cours du procès entamé le 27 mars, elle avait déjà justifié sa complicité avec Fourniret par "la peur permanente" qu'il lui inspirait. "Je n'ai pas eu la vie que j'aurais aimée", concède-t-elle à voix basse au président Gilles Latapie qui lui lance "qui êtes vous Monique Olivier?".
Paumée
Une fois de plus les avocats des parties civiles n'obtiennent aucune réponse lorsqu'ils tentent de savoir pourquoi elle est restée seize ans au côté de Michel Fourniret sans jamais le dénoncer. Dans un témoignage de deux heures, André Michaux a décrit son ex-compagne comme "une paumée", répétant plusieurs fois qu'il devait "lui manquer une case" pour l'accuser d'avoir été violent avec elle. "Madame Olivier est une menteuse, une affabulatrice, tout le monde vous le dira!".
André Michaux raconte qu'il a dû prendre en charge le fils des époux Fourniret après leur incarcération en 2004, alors même que Michel Fourniret avait tenté de l'assassiner trois fois, la contrepartie de l'aide que Monique Olivier devait lui fournir pour trouver une jeune vierge. Par son langage fleuri, l'ancien policier devenu gérant d'auto-école suscite plusieurs fois l'hilarité de la salle, accusés y compris.
Il interrompt le président de la cour, coupe la parole aux avocats et interpelle vivement Fourniret: "Espèce de lâche, le plus grand lâche de la terre il est là devant nous!". "Baissez le son, Monsieur", tente Gilles Latapie, avant de rendre les armes devant la faconde du personnage.
"On n'a pas beaucoup ri jusque là, mais là on se rattrape", reconnaît le président. En fin d'après-midi le premier fils d'André Michaux et Monique Olivier, âgé de 28 ans, est venu confirmer les déclarations de sa mère en indiquant qu'elle vivait "dans un climat de peur" avec Michel Fourniret. "Cet individu je pense qu'il a beaucoup influencé ma mère", a-t-il dit.