Une course aux "bics" qui paraît inopportune

La compétition suscitée entre élèves de primaire pour la vente de stylos à bille afin de financer l'opération "Sport à l'école 2008" paraît peu opportune aux yeux du ministre de l'Enseignement obligatoire Christian Dupont. Il estime que la "Commission autonome", chargée de vérifier la conformité de certaines pratiques scolaires, pourrait se pencher sur ce cas.
Selon le députe Ecolo Yves Reinkin, qui a interrogé mercredi le ministre en Commission de l'Education du parlement de la Communauté, l'action en question, organisée par l'Association des fédérations francophones du sport scolaire, vise à financer l'achat de matériel ou des projets sportifs par la vente de stylos à bille au prix de 3 euros.
InappropriéPour ce faire, une compétition entre élèves et entre professeurs est organisée, pour celui qui vendra le plus de "bics". Entrées à Walibi ou à Kinepolis récompenseront les écoles et les personnes les plus performantes, a rapporté M. Reinkin.
La mise en compétition des élèves sur le thème du bon ou du mauvais vendeur ne paraît pas constituer une compétence que l'école primaire est censée leur inculquer. De plus, les enfants de cet âge n'ont guère de poids dans le résultat de la compétition, puisque ce sont leurs parents qui vont décider d'acheter ou non des bics, s'est inquiété le député.
PiègeChristian Dupont n'aime pas cette pratique non plus. "On piège les élèves et ce n'est pas une bonne manière d'assumer la gratuité de l'enseignement primaire", a-t-il répondu, souhaitant que la Commission autonome se saisisse du dossier.
Elle a été créée par un décret d'avril 2007 pour vérifier la conformité de telles pratiques avec l'article 41 du Pacte scolaire interdisant toute activité et propagande politique mais aussi toute activité commerciale dans les écoles de la Communauté.
De façon plus large, le ministre a souligné que les écoles sont constamment sollicitées par des initiatives de type commercial. La Commission d'avis en question s'est penchée jusqu'à présent de 11 dossiers: deux concernaient des faits de concurrence déloyale ente établissements, les 11 autres des activités de type commercial. Le gouvernement a suivi son avis dans la plupart des cas mais il est trop tôt pour qu'une véritable jurisprudence ait pu être établie, a encore précisé Christian Dupont.