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Ouverture du procès "Demaret"

Le procès de Francine Vereecken, 65 ans, la veuve de Michel Demaret, qui fut le bourgmestre de Bruxelles-Ville, et de cinq autres prévenus a débuté mercredi matin devant la 49e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, présidée par la juge Anne Carlier.

Mais le volet le plus important du dossier ne concerne pas Mme Vereecken. Ce volet est relatif à des faux en écriture et à de la corruption imputée à deux chefs d'entreprise, pour des montants présumés remis à Michel Demaret, à une époque où celui-ci était échevin (parti social chrétien, PSC) de l'Urbanisme et des Travaux publics à Bruxelles-Ville.

Pacte de corruption
Jozef De Poorter, 69 ans, l'ancien patron de la SA Monument Vandekerkhove (MVDK), est notamment soupçonné d'avoir conclu un pacte de corruption avec Michel Demaret, entre le 3 avril 1996 et le 7 mai 1998, pour un montant de 4,168 millions d'anciens francs belges, soit environ 103.000 euros. Ce pacte serait relatif à un projet immobilier sur un lot de terrains dans le quartier du Bon Pasteur, à Molenbeek-Saint-Jean, qui appartenait au CPAS de Bruxelles-Ville.

Au départ, M. De Poorter souhaitait que le Foyer Laekenois, que présidait Michel Demaret, participe au financement de ce projet mais finalement la SA Bon Pasteur, fondée par le prévenu, a racheté ce lot de terrains du quartier Bon Pasteur, pour quelque 1 million d'euros, lors d'une vente publique au cours de laquelle il n'y eut aucune surenchère. Le projet de financement par le Foyer Laekenois n'a donc pas abouti.

Carnet d'adresses
M. De Poorter a expliqué au tribunal, mercredi matin, que lorsque les tractations ont commencé avec M. Demaret, ce dernier n'avait plus de mandat politique et qu'il n'a donc jamais été question de corruption. Selon le prévenu, l'ancien échevin a été rémunéré "pour faire jouer son réseau de relations et pas seulement auprès des administrations publiques, car il avait un bon carnet d'adresses aussi pour le privé". M. De Poorter a précisé que Michel Demaret était "un homme correct en affaires".

Les quelque 103.000 euros représenteraient en fait des rémunérations mensuelles de l'ordre de 2.500 euros pendant une quarantaine de mois. "Il ne s'agissait pas de commissions mais de rétributions en vue de nous ramener des clients, qu'il le fasse ou non. Au bout du compte, M. Demaret ne nous a rabattu personne mais cela, on ne pouvait pas le savoir avant", a encore ajouté M. De Poorter.

Commission
La présidente Carlier a demandé à ce dernier comment il expliquait une déclaration recueillie par les enquêteurs en cours d'instruction et dans laquelle il disait: "Si j'avais obtenu un financement du Foyer Laekenois pour le Bon Pasteur, j'aurais récompensé Demaret pour son intervention". Le prévenu a répondu: "Quand quelqu'un apporte un contrat, c'est normal de lui donner une récompense. Mais comme il n'a rien apporté, je n'ai pas versé de commission".

A propos de la Ferme de Ramillies appartenant au beau-fils de feu Michel Demaret, Mme Carlier a rappelé que les travaux d'aménagement réalisés dans celle-ci par l'entreprise de M. De Poorter ont été évalués à quelque 15 millions de francs belges, soit environ 372.000 euros. Cependant, une expertise arguée de faux par le procureur du Roi avait rabaissé ce montant de quelque 75.000 euros.

Camouflage
La juge a demandé au prévenu s'il ne s'agissait pas d'un déguisement pour camoufler le paiement au noir de ces 75.000 euros. M. De Poorter a précisé qu'il avait eu de gros problèmes de santé à cette période, en 1996, et qu'il fallait interroger son très proche collaborateur, G.C., 52 ans. Ce dernier a répondu que le beau-fils Demaret, Jacques B., contestait une facture de quelque 150.000 euros, notamment parce qu'il la trouvait trop élevée et parce qu'il considérait qu'il y avait des malfaçons dans les travaux.

G.C. a indiqué que le terme expertise était mal choisi et qu'au terme d'une mission de conciliation, le montant total des factures avait été raboté de quelque 75.000 euros, sachant que les affaires de Jacques B. n'étaient pas florissantes. L'audience reprendra ce jeudi matin, avec le réquisitoire du procureur du Roi.
07/05/08 16h32
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