Les deux premières épouses de Michel Fourniret, dont une semble être à l'origine de son revirement sur la question du huis clos, ont décrit mercredi un homme prévenant pendant leur mariage mais qui semblait présenter une faille qui remontait vraisemblablement à l'enfance. Dès qu'elles ont appris que Michel Fourniret était arrêté pour des faits de moeurs sur des mineures, en 1966 et en 1984 respectivement, ses deux premières épouses, Annette Rennesson et Nicole Clerget ont demandé le divorce, emmenant les enfants qu'elles avaient eus avec l'accusé.
"Cela se sentait dans le comportement de tous les jours", a dit à ce sujet sa première épouse, entre 1962 et 1966, Annette Rennesson. Entendues séparément comme témoins, ces deux épouses ont dit "être tombé de haut", quand elles ont appris les déviances de leur ex-mari. Mme Rennesson l'a accompagné à la police quand il a été interpellé en 1966 pour attentats à la pudeur sur deux fillettes. "Il n'a pas émis de regrets. Quand il a alors pleuré. C'était sur lui-même, sur la vie qu'il perdait alors", a-t-elle dit.
Pour Mme Rennesson, Michel Fourniret alors âgé de 24 ans, avait alors un fort potentiel. "Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il a été amené à ce genre de méfaits", a dit sa deuxième épouse, entre 1969 et 1984, Nicole Clerget. Lorsqu'elle est allée le voir après son interpellation pour faits de moeurs, son mari l'a supplié. "Il m'a supplié à genoux de lui pardonner. J'ai pris mon temps pour réfléchir et j'ai demandé le divorce", a-t-elle expliqué. Jean-Christophe, le fils aîné de Michel Fourniret est aujourd'hui âgé de 43 ans. Il n'a vu son père que jusqu'à ses deux ans. "Je ne le connais pas", a-t-il dit.
Anne, 35 ans, seule fille survivante du deuxième mariage de Michel Fourniret, a décrit un "père quelque peu autoritaire mais qui nous aimait malgré tout". Elle l'a perçu comme castrateur face à son frère Nicolas, né en 1971 et mort dans un accident de travail à l'âge de 24 ans. Sa soeur jumelle, Marie-Hélène, s'est suicidée en 2006.
Anne est aujourd'hui mère de deux enfants. "Avez-vous quelque chose à dire à Anne? ", a demandé à son client, Me Pierre Blocquaux. "Non seulement à toi, à ton frère et à ta soeur. C'est une situation où les mots n'ont plus de sens, sinon de te dire que je t'aime et que je peux crever, je t'aimerai toujours", a répondu, debout et en fondant en larmes, Michel Fourniret. (belga)
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