Le MR craint que, sous couvert de mixité, le décret préparé par le ministre Christian Dupont (PS) pour remplacer les décrets "Inscriptions" de l'ex-ministre de l'Enseignement obligatoire Marie Arena, s'attaque de nouveau aux 5 ou 10% d'écoles que le gouvernement qualifie d'"écoles élitistes socialement favorisées". L'autre parti d'opposition, Ecolo, semble accueillir plus favorablement le texte.
Réagissant sur base des informations diffusées vendredi par le quotidien Le Soir, la chef de groupe des réformateurs au parlement de la Communauté, Françoise Bertieaux, estime que le projet de M. Dupont continue de passer à côté d'une vraie mixité dans les 5 ou 10% d'écoles taxées, elles, par ce même gouvernement, de "filières de relégation".
Pour elle, en "saucissonnant" la procédure d'inscription en trois phases, le projet tel que présenté ne va pas de facto supprimer les files si le sentiment de pénurie apparaît au cours de l'une des phases.
Ce décret Mixité n'aborde plus la problématique des écoles adossées, que le gouvernement avait créées dans son deuxième décret Inscriptions. Si, aujourd'hui, on supprime ce concept d'écoles adossées, on supprime alors le continuum pédagogique de l'élève, affirme Mme Bertieaux dans un communiqué.
Dans sa volonté de mettre en place des "quotas" selon la situation socio-économique, M. Dupont risque de stigmatiser certaines écoles, mais aussi les enfants qui seraient identifiés selon ces "quotas" de "défavorisés", alors qu'en l'état actuel, on ne dispose pas de critères objectifs pour déterminer ce qu'est une école ou un élève moins favorisé, affirme encore la députée.Elle se réjouit cependant que le texte en préparation soit un projet de décret, dès lors soumis à la concertation des pouvoirs organisateurs et du Conseil d'Etat.
Les réformateurs continuent d'exiger que l'on abroge les décrets Inscriptions votés l'an passé pour revenir à la situation antérieure, que l'on fasse enfin confiance aux directions d'écoles, aux enseignants et aux parents et qu'un décret mette en place une possibilité de recours aux parents, à charge de preuve pour l'école, qui auraient subi un abus.
Interrogé par l'Agence Belga, le député Ecolo Yves Reinkin estime, sur foi des informations diffusées, que la ligne du projet de M. Dupont semble se rapprocher des positions écologistes, en réservant un pourcentage de places à des élèves venant de populations fragilisées. Ce système semble aussi se rapprocher de l'esprit du système appliqué en Flandre, a-t-il encore souligné.
Selon les informations publiées par le quotidien, le texte du ministre entamerait la liberté de choix de l'établissement scolaire en introduisant des quotas supposés permettre de "prioriser" les demandes excédentaires en fonction, par exemple, de l'origine géographique des élèves ou de leur situation socio-économique.
Il imposerait à tout chef d'établissement d'établir et de communiquer clairement, au plus tard le 30 octobre, les "critères et quotas" qui lui permettront de classer les demandes d'inscriptions, ainsi que le nombre de places disponibles.
Les inscriptions se dérouleraient ensuite en trois temps. Pour les élèves prioritaires (fratrie d'enfants fréquentant déjà l'école, enfants d'enseignants, etc) d'abord, pour les autres élèves ensuite. Si après cette phase, il n'y a pas assez de places, les quotas d'abord, les critères ensuite, seront appliqués durant une troisième phase. (belga)
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