BHV: on continue comme si de rien n'était...

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Par: rédaction
9/05/08 - 19h12
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Après l'agitation à la Chambre fédérale, jeudi, avec la mise à l'agenda de la proposition de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, la mousse est un peu retombée vendredi. La Commission communautaire française (Cocof) a engagé une nouvelle procédure en conflit d'intérêt donnant un nouveau répit au gouvernement, comme le demandaient d'ailleurs les partis flamands qui n'ont pas pu se retenir de voter la mise à l'ordre du jour.

Solidarité francophone
Au cours du débat très digne qui s'est déroulé au milieu de la nuit, à la Chambre, les représentants francophones ont eu des paroles très dures pour les flamands. Il était frappant de constater que les interventionns des représentants des partis francophones ont tous été applaudies par tous les francophones de l'assemblée. Les représentants des partis flamands n'ont en revanche reçu les applaudissements que de leur propre groupe. L'Open Vld et le sp.a se sont retrouvés dans une situation étrange. Ils ont regretté la manoeuvre et mis en évidence ses dangers tout en votant en faveur de la mise à l'ordre du jour, de peur sans doute de paraître moins flamands que les autres.

"Les francophones sont bien gentils"
Le débat à la Cocof était d'une autre nature puisque cette assemblée ne réunit que des francophones. Là aussi des paroles très dures ont été prononcées à l'égard des flamands. Caroline Persoons (MR) a parlé d'un acte d'une "gravité sans précédent". "Imaginez que nous utilisions cette loi du nombre au parlement bruxellois (ndlr: où les néerlandophones sont minoritaires)...", a-t-elle lancé. La chef du groupe socialiste Anne-Sylvie Mouzon, quant à elle, a estimé que "les francophones sont bien gentils de tenter, encore une fois, de calmer le jeu".

Parallèlement à la réunion de la Cocof, un Conseil des ministres s'est tenu vendredi. "On a fait comme si rien ne s'était passé la veille mais l'atmosphère était étrange", disaient plusieurs participants.

Dans l'attentente d'ne initiative
Les francophones attendent maintenant que le premier ministre Yves Leterme lance l'une ou l'autre initiative pour faire avancer ce dossier mais plusieurs acteurs du débat n'y croient guère. "On a l'impression que M. Leterme se dit que s'il ne fait rien cela finira bien par s'arranger", disait l'un d'entre eux. Certains ajoutent que jusqu'à présent ce n'est pas tout à fait faux. "BHV est à l'ordre du jour et les francophones ont finalement engagé une nouvelle procédure en conflit d'intérêt. Rien ne s'est donc passé. Quant au refus de voter le premier paquet de réforme et négocier sur le deuxième on verra ce qu'il en restera..."

"La technique du pourissement"
Parmi les partenaires gouvernementaux, l'Open Vld est celui qui craint le plus que rien ne se passe d'ici juin 2009. Cela permettrait au CD&V/N-VA de mener campagne sur le communautaire, un créneau qui ne convient pas aux libéraux. Ceux-ci soupçonnent d'ailleurs certains partis francophones aussi de tout faire pour que le dossier n'avance pas.

En s'arrangeant pour utiliser successivement toutes les ficelles - conflits d'intéret successifs voté par les différentes assemblées parlementaires, sonnette d'alarme, amendement et demande d'avis au Conseil d'Etat... - et puis faire tomber le gouvernement, on peut tenir longtemps, faisait remarquer un proche de la négociation.

La technique du pourrissement risque cependant de contribuer à la radicalisation de la Flandre même si sur ce point beaucoup de francophones ne se font plus d'illusion. "Cette radicalisation est en route et ne s'arrêtera plus. Il faudra bien qu'un jour les leaders francophones disent clairement à la population francophone ce qu'il en est et qu'on cesse de sortir des drapeaux belges", lançait un des négociateurs dans les couloirs du parlement jeudi soir.

Pouvoir d'achat
Sur ce fond de considération communautaire, beaucoup de politiques continuent de souligner l'importance des mesures économiques et sociales notamment pour augmenter le pouvoir d'achat des citoyens. La loi-programme a été votée jeudi par la Chambre. Elle porte exécution d'une série de mesures prises dans le cadre de l'élaboration du budget 2008. Ce budget quant à lui a pris un nouveau retard.

La Commission du Budget et des Finances de la Chambre qui devait finaliser vendredi l'examen du budget 2008 a en effet été annulée. Entre les péripéties BHV, le président de la Chambre Herman Van Rompuy a annoncé jeudi à la Conférence des présidents que tout n'était pas prêt pour que la Commission puisse se réunir valablement. La discussion du budget se déroule en plusieurs épisodes. Chaque Commission examine et vote le volet qui intéresse ses compétences. Cet examen va de pair avec la discussion des notes de politiques des différents ministres.

Le tout est ensuite regroupé au sein de la Commision des Finances et du Budget qui vote le budget dans son ensemble. La discussion de quelques uns des volets du budget, dont celui de l'Emploi, a été particulièrement longue. Pour l'Emploi, le vote n'est d'ailleurs intervenu que mardi dernier.

Des réunions de la Commission du Budget et des Finances sont déjà prévues mardi et mercredi prochain. Le budget ne viendra dès lors en séance plénière que la semaine suivante. Interpellé jeudi à la Chambre, le premier ministre Yves Leterme avait pourtant mis en garde contre toute manoeuvre visant à retarder le vote de la loi-programme mais aussi du budget. Il avait qualifié une telle attitude d'"irresponsable". (belga)

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