Van Cau se dit victime d'une "guerre personnelle"

Pointé du doigt par certaines voix pour son rôle d'expert au profit du Groupement d'Intérêt Economique en charge du pilotage de la fusion absorption du Cablo-distributeur Brutélé par l'intercommunale liégeoise Tecteo, Jean-Claude Van Cauwenberghe estime avoir à subir "une guerre personnelle" à laquelle il doit "résister depuis longtemps".
Vendredi soir, la RTBF annonçait que le collège communal de Charleroi dénonçait "une affaire de pouvoir et de gros sous" existant entre l'ancien ministre-président de la Région wallonne, Jean-Claude Van Cauwenberghe, et l'association liégeoise d'électricité (ALE) dans le cadre de la fusion toujours en cours d'ALE-Télédis et de Brutélé. Cette fusion a donné naissance, après la reprise des autres intercommunales de télédistribution wallonnes, à Voo.
Les actionnaires bruxellois et carolos de Brutélé se sentiraient menacés par une alliance jugée étonnante entre Jean-Claude Van Cauwenberghe et les actionnaires liégeois d'ALE, dans une fusion qui fait la part belle aux intérêts liégeois.
Jean-Claude Van Cauwenberghe, vice-président de Brutélé au moment de la décision de fusion, qui dispose désormais d'un rôle d'expert destiné à réaliser au mieux l'intégration d'ALE et de Brutélé, se serait fait nommer à ce poste "par simple intérêt financier personnel". Il négocierait la fusion "à sa manière, en conservant ainsi pour lui, son fils et ses amis de beaux revenus", avait affirmé la RTBF. Les responsables bruxellois de Brutélé auraient rencontré le collège communal de Charleroi pour exiger qu'un cabinet d'avocats indépendants "étudie les meilleures pistes pour une saine fusion".
L'ex-ministre-président wallon répond à ces critiques dans
Le Soir, samedi. Il souligne qu'il a "mené cette longue négociation qui a conduit au projet de fusion entre Brutélé et Tecteo (NDLR: nouveau nom d'ALE-Télédis)". Il précise qu'il a été désigné expert car il ne disposait plus de mandat local, mais qu'il fait rapport sur ses activités aux administrateurs, à chaque réunion. D'après Jean-Claude Van Cauwenberghe, "on semble très satisfait d'un travail qui justifie largement ce que je facture".
Citant l'entourage du conseil bruxellois de Brutélé,
Le Soir affirme que l'on y regrette notamment de ne pas avoir eu jusqu'ici de réponse à la demande de la copie du contrat passé avec Jean-Claude Van Cauwenberghe et de ses rapports d'activités.
De son côté Jean-Jacques Viseur, bourgmestre cdH de Charleroi, reconnaît les compétences de Jean-Claude Van Cauwenberghe en matière de télédistribution, mais juge que ce poste d'expert "ne pouvait en aucun cas venir en compensation de ce qu'il n'était plus administrateur" de Brutélé. (belga)