Les trois bourgmestres des communes à facilités de Wezembeel-Oppem, Linkebeek, et Crainhem ont été entendus mardi, en début de soirée durant plus d'une heure trente par les représentants du Conseil de l'Europe venus consulter tous azimuts sur les raisons de leur non-nomination par le ministre flamand des Affaires intérieures. A l'issue de cet entretien, ils ont dit faire confiance dans la démarche de ces représentants du "Congrès des pouvoirs locaux et régionaux" du Conseil de l'Europe".
Le ministre des Affaires intérieures flamandes entendu auparavant, s'est quant à lui demandé s'il avait pu convaincre cette même délégation. "Nous sommes confiants. Nous avons été écoutés dans un climat serein et très constructif par des membres du Conseil qui connaissent leur dossier impeccablement", a affirmé le bourgmestre de la commune de Wezembeek-Oppem, entouré de ses collègues de Crainhem, Arnold d'Oreye et de Linkebeek, Damien Thiéry.
Les nombreuses questions qui leur ont été posées ont notamment porté sur les raisons de l'envoi de convocations électorales en français et en néerlandais, ainsi que sur la légalité ou nom de l'usage du français par les conseillers communaux des communes à facilités, a-t-il dit. François Van Hoobrouck a rappelé que les bourgmestres des communes à facilités n'avaient pas eux-mêmes attiré l'attention du Conseil de l'Europe sur leur situation.
Le bourgmestre de Linkebeek, Damien Thiéry a déclaré quant à lui que "certains politiciens belges ne connaissent pas le dossier aussi bien que les deux délégués du Conseil de l'Europe". Il a souligné que lui et ses collègues demandaient "le respect de la démocratie et de la loi en toute civilité". Comme à l'issue de leurs autres entretiens du jour, les délégués du Conseil, le Français Michel Guégan, chef de délégation, et le Serbe Dobrica Milovanovic se sont refusés à tout commentaire, au terme de leur première journée d'information.
Contrairement à ce que donnait à penser la présentation de leur programme de travail, le vice-président du Congrès, Anders Knape (Suède), n'a pu faire le déplacement en Belgique pour des raisons d'agenda. De son côté, le ministre des Affaires Intérieures flamandes Marino Keulen qui les avait reçus plus tôt dans l'après-midi, a parlé d'un "échange intensif". Il s'est demandé s'il avait pu convaincre la délégation. D'après lui, une série d'images concernant les autorités flamandes sont bien ancrées dans les esprits et "révoltantes".
Il a par ailleurs dit percevoir dans la démarche des bourgmestres un agenda électoral caché. "Ils ont voulu faire un pied de nez à la Flandre et ont parié sur le fait que leur affaire serait réglée durant la formation du gouvernement", a-t-il commenté. Marino Keulen s'est par ailleurs interrogé sur l'opportunité pour la délégation du Conseil de l'Europe de s'être rendue chez le ministre-président bruxellois Charles Picqué.
Avant le ministre fédéral de l'Intérieur Patrick Dewael, celui-ci a en effet reçu la délégation, entouré des ministres bruxellois francophone, Benoît Cerexhe, et flamand, Guy Vanhengel.
"C'est sans doute la reconnaissance de la Région bruxelloise par l'instance européenne qui lui est insupportable", a répliqué Charles Picqué à l'adresse de Marino Keulen. Le ministre-président bruxellois a souligné que lors de leur passage par la Région bruxelloise, les délégués du Conseil de l'Europe avaient été "confrontés à un point de vue équilibré et sans guérilla de mandataires francophones et flamands".
Mercredi, la délégation du Conseil de l'Europe rencontrera le ministre-président de la Communauté germanophone Karl-Heinz Lambertz; des représentants de l'Union des Villes et communes de Flandre; Marleen Vanderpoorten, présidente du parlement flamand, ainsi que des représentants de l'Union des Francophones de la périphérie. Elle fera le point sur leur mission, devant la presse, à 16h30. (belga)
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