Des terrils colorés pendant deux mois à Charleroi

Cinq terrils vont être transformés, par cinq artistes, deux mois durant, et modifier ainsi le paysage de Charleroi, dans une de ses composantes essentielles. C'est une initiative due à l'asbl "Rafales", qui lance ainsi à Charleroi sa première biennale "Land Art", en transfigurant plusieurs terrils carolorégiens. Il s'agit aussi, a expliqué un des responsables de l'opération, de faire revivre les terrils, et cinq d'entre eux ont été sélectionnés pour être laissés à l'initiative et à l'imagination d'autant d'artistes.
Ainsi, le Français Dimitri Xenakis installera une toile orange de forme triangulaire sur le terril des Hauchies à Marcinelle. Un artiste belge, Stéphane Vee, posera des panneaux en bois mangés par les insectes sur le terril des Hiercheuses à Marcinelle. A Lodelinsart, c'est le terril du "Sacré-Français" qui sera l'objet de ce lifting particulier, confié à deux artistes venus de Lille, Arnaud Verley et Philémon dont l'oeuvre sera composée de moutons. Un autre terril, celui des Piges à Dampremy, a été confiée à une Belge, Annie Brasseur. Son oeuvre ne manquera certainement pas d'attirer les regards puisqu'elle a choisi d'habiller ce terril d'un téton géant de trois kilos.
Dernier artiste sélectionné, Jean-Pierre Brasz posera une constellation sur le terril de Bayemont à Marchienne-au-Pont. Elle sera faite de pierres peintes en blanc, sorte de reflet de la constellation visible dans le ciel de Charleroi, illustrant ainsi qu'il veut être une jonction entre ciel et terre. Les oeuvres ne pourront pas nécessairement être approchées par le public, mais tel n'est pas leur objectif. Il s'agit de les voir de loin et de transformer le paysage carolorégien, expliquent les auteurs de cette initiative originale, soutenue tant par l'échevin de la Culture de Charleroi, Antoine Tanzili, que par sa collègue en charge des Fêtes, Ingrid Colicis, qui ont insisté sur le lien que la Ville manifeste, tant avec le passé qu'avec sa volonté de bouger. (belga/7sur7)