Fourniret, un pervers narcissique à la dangerosité extrême
Le psychologue Jean-Luc Ployé a indiqué qu'il n'y avait pas de traitements pour soigner Michel Fourniret.
Le psychanalyste Philippe Herbelot ne croit pas à une pause criminelle de Michel Fourniret dans les années '90. "Mon hypothèse est qu'il y aurait eu d'autres crimes pendant cette période: ou des crimes ratés aux yeux de Fourniret, ou des crimes encore plus horribles que ceux qui sont connus", a-t-il dit.
Deux experts ont décrit ce vendredi devant la cour d'assises Michel Fourniret comme un "pervers narcissique", incurable, à la "dangerosité extrême" et qui présente un "risque de récidive absolu".
"Michel Fourniret n'est pas un pervers sexuel mais un pervers narcissique", a dit le psychanalyste Philippe Herbelot. "Dans la typologie des experts, c'est le plus dangereux", a souligné le psychologue Jean-Luc Ployé. M. Herbelot ne voit pas plus en Michel Fourniret un pédophile "excité par une petite jupe qui vole au vent".
Pour Michel Fourniret, le viol n'est pas le plus important. Ce qui compte pour lui c'est l'humiliation de sa victime, a estimé M. Herbelot. Il ne voit dans le discours de Michel Fourniret sur la virginité qu'un "habillage". La mort est plus importante que le viol pour Michel Fourniret, a dit l'expert qui a entendu l'accusé quand il était incarcéré en France.
Jean-Luc Ployé a mis en avant l'extrême perversité de Michel Fourniret. "Cela ne lui suffit pas de tuer il faut qu'il salisse les familles", a-t-il dit. Il a relevé un "sadisme exacerbé, pathologique" chez l'accusé qui laisse entendre que les familles devaient le remercier car il a tué les victimes, qui ne devront dès lors pas subir les séquelles irrémédiables du viol.
M. Ployé a indiqué qu'il n'y avait pas de médicaments, pas de traitements pour soigner Michel Fourniret. Pour M. Herbelot, il n'est "pas curable". Même en fin de vie, quand il se retrouvera à l'infirmerie de la prison, il faudra mettre les infirmières en garde contre lui, a averti M. Herbelot.
Pour le psychanalyste, la cour d'assises s'est fait "berner" par Michel Fourniret, qui n'a cessé de répéter aux familles "demandez-moi de parler", comme il disait aux victimes "demandez-moi de vous faire l'amour".
M. Herbelot ne croit pas à une pause criminelle de Michel Fourniret dans les années '90. "Mon hypothèse est qu'il y aurait eu d'autres crimes pendant cette période: ou des crimes ratés aux yeux de Fourniret, ou des crimes encore plus horribles que ceux qui sont connus", a-t-il dit.
Il a relevé le "rôle de miroir narcissique" de son épouse Monique Olivier, qui l'encourage plutôt que de le décourager. Avec elle, Michel Fourniret passe de l'humiliation envers ses victimes au crime, a-t-il relevé.
M. Ployé voit un risque de décompensation chez Michel Fourniret une fois que l'on ne parlera plus de lui. "Quasiment tous les tueurs en série se sont suicidés", a-t-il fait remarquer. (belga)