MISE À JOUR
La chambre du conseil de Nivelles a, sans surprise, prononcé lundi une ordonnance de prise de corps et demandé le renvoi de Geneviève Lhermitte devant la cour d'assises pour répondre de l'assassinat de ses cinq enfants. Les experts psychiatres avaient exclu toute démence ou déséquilibre mental dans son chef. Ces conclusions signifiaient donc qu'elle pouvait répondre de ses actes devant la justice.
La voie dans laquelle le dossier se dirige est conforme aux réquisitions du parquet mais aussi au souhait de la défense. Le dossier va maintenant être transmis à la chambre des mises en accusation de Bruxelles à qui revient la décision finale. La tenue d'un procès devant la cour d'assises du Brabant wallon à l'automne 2008 est déjà avancée par la défense.
Les faits se sont déroulés dans la maison familiale, avenue Général Jacques à Nivelles, le mercredi 28 février 2007. Geneviève Lhermitte a égorgé ses enfants avec un couteau à leur retour d'école: Yasmine, née en 1992, Nora en 1995, Myriam en 1997, Mina en 1999 et Medhi en 2003. Elle a ensuite tenté de se suicider en retournant le couteau contre elle. Elle avait aussi laissé un étrange message manuscrit "Appeler la police" sur la porte d'entrée et avait pris soin de téléphoner aux services de secours vers 14h30. La premiers intervenants avaient alors fait la macabre découverte.
Geneviève Lhermitte avait rapidement était mise hors de danger. Son
mari et père des enfants, Bouchaïb Moqadem (42 ans), devait rentrer le soir même d'un séjour dans sa famille au Maroc. Peu avant son passage à l'acte, Geneviève Lhermitte avait déposé une lettre chez une amie habitant non loin. Celle-ci, absente, n'avait trouvé que plus tard le courrier où Geneviève Lhermitte expliquait être dans "une situation sans issue".
L'instruction a également mis au jour les particularités de la famille Moqadem. Enseignante de formation mais mère au foyer, Geneviève Lhermitte avait épousé en 1990 Bouchaïb Moqadem, arrivé en Belgique grâce à la protection de Michel Schaar, un médecin qui avait décidé de devenir un "père spirituel" pour lui dès 1980. La famille Moqadem-Lhermitte était d'ailleurs entièrement dépendante financièrement du Dr Schaar. Bouchaïb Moqadem travaillait pour lui et le médecin avait permis l'achat de l'habitation à Nivelles, où il occupait un étage. Le Dr Schaar était également le parrain des cinq enfants. Le jour des faits, il était absent de la maison.
Geneviève Lhermitte a expliqué aux enquêteurs n'avoir plus supporté
cette omniprésence dans la vie de couple et de famille. Tandis que ses avocats, Mes Xavier Magnée et Daniel Spreutels, ont rapidement évoqué le syndrome de "burn out de la mère de famille". Le Dr Schaar s'est constitué partie civile au début de l'instruction. Tout comme Bouchaïb Moqadem qui refuse néanmoins le divorce demandé par Geneviève Lhermitte il y a peu. (belga)


