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Le sentiment de culpabilité des victimes de Fourniret toujours en vie

Les avocats de Marie et de sa famille, enlevée par Michel Fourniret le 26 juin 2003 à Ciney, ont dit mardi la souffrance des rescapés d'être toujours en vie.

Marie, 13 ans, a réussi à échapper, à l'occasion d'un arrêt à un stop, à la vigilance de Michel Fourniret qui l'avait attachée à l'arrière de sa camionnette. Cette fuite a conduit à l'arrestation de Michel Fourniret. Me Isabelle de Moffarts s'est mise dans la peau de sa cliente qui se dit "pourquoi ai-je pu m'échapper? Pourquoi suis-je vivante et pas les autres. C'est une question obsédante à laquelle je n'ai pas de réponse".

Marie est régulièrement abordée et félicitée pour avoir fait arrêter Michel Fourniret. "Plus on me félicite, plus j'ai honte d'être encore en vie", a dit Me de Moffarts au nom de Marie. "Si je suis venue, c'est parce que ces filles, qui sont devenues mes soeurs, m'en ont donné la force", a ajouté Me de Moffarts dans une référence aux sept victimes tuées par Michel Fourniret.

"La souffrance des rescapés est méconnue. Elle se fait discrète honteuse", a dit Me Réginald de Béco, avocat des parents de Marie, qui ont fui le génocide burundais pour gagner la Belgique en 1997. Ils se disent "qui sommes-nous pour nous plaindre? Qui sommes-nous à côté des parents d'enfants disparus, recherchés pendant des années et morts dans des conditions atroces", a poursuivi l'avocat.

Pour Me de Béco, Michel Fourniret a perdu pied face à Marie, qui ne le supplie pas et prie avec sa foi d'enfant lorsqu'elle est entre ses mains. "Ce bourreau sanguinaire s'est désintégré. Il n'était plus le tout-puissant", a relevé l'avocat. (belga/7sur7)
20/05/08 19h59
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