Le commissaire européen en charge de l'Aide humanitaire, Louis Michel, a qualifié mercredi devant le Parlement européen son récent voyage en Birmanie afin d'y faciliter le déploiement des secours internationaux de "mission très frustrante".
"Une méfiance totale"
"Il y a (dans le chef du régime birman) une méfiance totale à l'égard
de la communauté internationale", a indiqué mercredi le commissaire belge lors d'un débriefing de son récent voyage à Yangon.
"Ils ont des a priori ancrés qui font qu'on est confronté à un
dialogue de sourds", a commenté M. Michel, ajoutant avoir été "assez
content de revenir en Europe" après deux jours passés en Birmanie la
semaine dernière durant lesquels il s'est notamment entretenu 2h30 avec trois hauts responsables birmans.
"Je leur ai notamment demandé pourquoi ils refusaient les opérateurs
internationaux pour venir en aide à leur population. On m'a répondu qu'il y avait des questions qui ne justifiaient pas de réponse...", a relaté le commissaire européen.
Risque d'épidémie et de famine
Selon lui, sans intervention rapide, le pays sera prochainement
confronté aux épidémies ainsi qu'à un risque de famine, la région dévastée par le cyclone Nargis étant la principale zone de production rizicole du pays.
La Commission européenne a déjà décidé de mobiliser quelque 17
millions d'euros pour les populations birmanes affectées, mais "le
problème, ce n'est pas le manque de moyens, mais le manque d'accès au pays", a reconnu M. Michel.
Les députés européens, tous partis confondus, ont vertement critiqué
mercredi l'attitude du régime birman qui bloque l'accès de son territoire aux secours internationaux.
Le député vert Daniel Cohn-Bendit a notamment plaidé pour que l'aide
soit amenée "manu militari" et que la communauté internationale exerce les "pressions les plus dures possibles" sur le régime birman et "que les conclusions de cette attitude soient tirées au conseil de sécurité des Nations unies ainsi que devant la Cour pénale internationale", a-t-il jugé.(afp)


