L'assemblée générale des chauffeurs des TEC Charleroi, à Jumet, a décidé vendredi matin de poursuivre jusqu'à mardi la grève sur tout le réseau. Les responsables syndicaux ont pourtant plaidé la reprise du travail dès ce vendredi, expliquant que le mouvement risquait de desservir plus que de soutenir la cause du chauffeur incarcéré depuis jeudi, mais un vote a décidé de la poursuite du mouvement.
Il a cependant aussi été décidé de tenir, chaque matin à 10H00, week-end compris, une assemblée générale d'évaluation au dépôt de Jumet, afin de décider de la reconduction ou non du mouvement.
Celui-ci avait débuté aux premières heures de jeudi, alors qu'un chauffeur était entendu par la police à la suite d'une violente altercation avec un passager, samedi dernier à Gilly. Le chauffeur a été placé sous mandat d'arrêt et inculpé de coups et blessures volontaires, ayant entraîné une incapacité temporaire.
Le passager a, en effet, eu la rate perforée, il souffre d'un pneumothorax et il a deux vertèbres démises. Il a passé cinq jours en soins intensifs.
Jeudi, le procureur du Roi de Charleroi a détaillé les motifs de cette incarcération. Il ressort des images filmées depuis deux bus, au moment des faits, que le passager avait demandé à descendre, mais qu'il s'est apparemment trompé de bouton, si bien que le chauffeur a passé l'arrêt, puis a refusé de laisser descendre le voyageur entre deux arrêts. A l'arrêt suivant, en descendant, le passager, un handicapé, a donné un coup de béquille au bus, puis il a été poursuivi par le chauffeur, qui l'a propulsé contre le bus. Le voyageur a alors exhibé un couteau, et le chauffeur a répliqué par un "balayage " avant de porter une série de coups de pieds au passager.
Le chauffeur, un ancien paracommando, avait déjà fait l'objet d'une plainte pour violences en avril, ce qu fait l'objet d'un dossier actuellement à l'information au parquet de Charleroi.(belga)


