Abdallah Ait Oud impassible

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Par: rédaction
26/05/08 - 15h59
Catherine Dizier.
Christiane Granziero.

La cour d'assises de Liège a entamé ce lundi le procès à charge d'Abdallah Ait Oud, poursuivi pour enlèvement, séquestration, attentat à la pudeur, viol et assassinat de Nathalie Mahy et de Stacy Lemmens, âgées de 10 ans et de 7 ans.

Les faits se sont produits dans la nuit du 9 au 10 juin 2006, lors de la braderie Saint-Léonard, à Liège. Les fillettes ont disparu alors qu'elles passaient la soirée à la fête en compagnie de leurs parents. Leurs corps ont été découverts le 28 juin, dans un déversoir, non loin de l'endroit de leur disparition.

Passé chargé
Une seule personne a été inculpée pour ces faits. Abdallah Ait Oud, au
passé judiciaire chargé notamment pour faits de moeurs, était présent sur les lieux le soir des faits. A plusieurs reprises dans la soirée, il a abordé des jeunes filles pour leur montrer des tortues.

Mais depuis son arrestation à la mi-juin 2006, Abdallah Ait Oud nie farouchement les faits qui lui sont reprochés. Lors de l'enquête, il a déclaré ne "même pas pouvoir écraser un insecte". En chambre du conseil, il a regardé les mamans dans les yeux pour clamer une nouvelle fois son innocence.

Attentes
Les familles des enfants, présentes au procès dès l'ouverture, attendent beaucoup de cette cour d'assises. Elles espèrent que l'accusé lèvera enfin le mystère qui entoure la disparition de leurs enfants. Ce lundi matin, Abdallah Ait Oud, simplement vêtu d'une chemise blanche à manches courtes et d'un jeans, le crâne rasé de près, est apparu totalement impassible.

Les mains posées sur ses genoux, il a écouté la longue lecture de l'acte d'accusation, pendant 1H30, regardant l'avocat général, Marianne Lejeune, sans broncher. Les familles sont tendues. Le papa de Stacy, Thierry Lemmens, est resté immobile sur son banc, le regard dur. Entouré par sa famille, le papa de Nathalie, Didier Mahy, est pour sa part abattu. Il a les épaules voutées et garde la tête baissée, regardant sans cesse une photo de sa petite fille.

Pour les mamans, la lecture de l'acte d'accusation s'est révélée insupportable. Entourée par des assistants de justice, Catherine Dizier, la maman de Nathalie, a dû quitter la salle d'audience pendant l'énumération des éléments issus des rapports des médecins légistes. Elle a été suivie un peu plus tard par Christiane Granziero, la maman de Stacy, en larmes.

Surmédiatisation
Les conseils de l'accusé ont pour leur part, dans leur acte de défense, dénoncé la "surmédiatisation" de l'affaire. Ils ont demandé aux jurés de faire abstraction de toute charge émotionnelle et de ne juger leur client que sur des preuves. Ils ont rappelé le principe de la présomption d'innocence et ont souligné que le doute devait profiter à l'accusé.

Abdallah Ait Oud n'a pas pris la parole ce lundi matin, sinon pour décliner son identité: "Adballah Ait Oud, 40 ans, soudeur, né à la Hestre et domicilié rue Saint-Léonard". Son interrogatoire est attendu dans l'après-midi, avant l'audition des enquêteurs et de la juge d'instruction, Pascale Goossens.

Une centaine de témoins seront entendus lors de cette session d'assises, qui devrait durer deux semaines et demi, a annoncé le président, Stéphane Goux. L'accusé sera jugé par 7 femmes et 5 hommes. Six jurés suppléants ont également été désignés.

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