Roger Cleeren a expliqué mardi devant la Cour d'assises de Liège les moyens qui ont été mis en oeuvre lors des premières heures de l'enquête relative aux disparitions de Stacy Lemmens et Nathalie Mahy.
Le chef d'enquête Roger Cleeren a expliqué mardi devant la Cour d'assises de Liège les moyens qui ont été mis en oeuvre lors des premières heures de l'enquête relative aux disparitions de Stacy Lemmens et Nathalie Mahy. Ce sont les preuves scientifiques recueillies au cours de cette enquête qui ont définitivement donné à Abdallah Ait Oud son statut de principal suspect des faits.
Au cours des projections réalisées lors de l'audience de la matinée, les enquêteurs ont montré les dernières images de Nathalie Mahy, filmées par un amateur, alors qu'elle s'amusait le 9 juin 2006 en soirée sur le podium de la braderie organisée dans le quartier St-Léonard.
Comme l'a confirmé Roger Cleeren, l'enquête a débuté après l'alerte de la disparition des deux petites filles à 03h13 la nuit du 9 au 10 juin. "On a utilisé les grands moyens", a confirmé l'enquêteur. "Quarante hommes ont fouillé toutes les zones proches directement accessibles", a-t-il ajouté.
Grâce à la compagne d'Ait Oud
Mais c'est après une information livrée par Christelle Bertho, la compagne de l'époque d'Abdallah Ait Oud, que les enquêteurs se sont intéressés plus particulièrement à l'accusé. La jeune femme s'était inquiétée la nuit du dimanche 11 juin de ne plus avoir de nouvelles d'Abdallah Ait Oud depuis deux jours. Plusieurs témoins avaient vu Ait Oud le vendredi soir de la braderie à proximité du podium et des enfants qui y jouaient.
Le chef d'enquête Roger Cleeren a également précisé que c'est le lundi 12 juin qu'a été créée une cellule d'enquête unique constituée notamment de 24 enquêteurs. Quarante-deux personnes, potentiellement suspectes, avaient déjà été contrôlées dans la région de Liège mais aussi à Mons, Verviers, Bruxelles et à l'étranger. La diffusion de la photo d'Abdallah Ait Oud, alors recherché comme "témoin", a ensuite permis sa privation de liberté puis son inculpation après des vérifications effectuées sur son comportement et son emploi du temps.
Ses explications n'ont pas convaincu
Lors de son arrestation, Abdallah Ait Oud a nié toute participation aux faits de disparition des deux fillettes et prétendait qu'il ne les avait jamais vues. Mais il portait aussi des traces de griffures occasionnées par des végétaux. Ses explications n'ont pas convaincu. C'est, dès cet instant, que les preuves scientifiques ont pris une importance prépondérante dans l'évolution de l'enquête.
La mère de Nathalie s'est masquée le visage
L'audience de la matinée s'est déroulée dans le calme, devant un accusé, un jury et un public attentifs. Mais c'est en fin de matinée que les éléments les plus déterminants ont été révélés par l'enquêteur Cleeren. L'émotion a envahi la salle d'audience lors de la projection des images des lieux de la découverte des corps de Stacy et Nathalie. Les parties civiles ont quitté la salle à cet instant, à l'exception de Catherine Dizier, la mère de Nathalie Mahy, qui s'est masquée le visage mais a tenu à percevoir et à soutenir le regard éventuel de l'accusé. Abdallah Ait Oud n'a manifesté aucune réaction à cet instant.
L'enquêteur Cleeren a ensuite détaillé les éléments de botanique et l'expertise des cheveux et poils qui ont permis de confondre l'accusé. Ait Oud portait sur ses vêtements des fragments de végétaux identiques à ceux des lieux de la découverte. Ces végétaux étaient également présents dans le système d'évacuation d'eau de son appartement. Ait Oud portait aussi sur ses vêtements des cheveux et poils.
L'enquête a ensuite démontré qu'il avait existé un contact intense entre les vêtements portés par Abdallah Ait Oud et ceux des victimes.
Les auditions des enquêteurs, notamment celle d'Alain Remue, chef de la cellule nationale de recherche des personnes disparues, reprendront mardi après-midi. (belga)


