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La cour d'assises est entrée en délibération

7S7 mise à jour   La cour d'assises des Ardennes, qui juge Michel Fourniret et son épouse et complice présumée Monique Olivier pour sept meurtres aggravés de jeunes filles, est entrée en délibération mardi vers 15H00 après avoir entendu la plaidoirie de la défense du tueur en série présumé, qui ne compte pas faire appel de sa très probable condamnation, et les derniers mots des deux accusés, clôturant ainsi deux mois de débats d'un procès très médiatisé.

Les délibérations ont lieu dans une caserne de CRS (Compagnie Républicaine de Sécurité) de Charleville-Mézières (Ardennes françaises), où les trois magistrats et les neuf jurés, accompagnés de six jurés et d'un magistrat suppléants, seront restaurés et logés pour la nuit. Un verdict est attendu pour demain/mercredi dans l'après-midi. Contrairement à la Belgique, le jury ne se prononce pas seul sur la culpabilité. Une seule délibération, qui réunit les magistrats professionnels et les jurés, est prévue sur la culpabilité éventuelle des accusés puis sur la peine à leur infliger le cas échéant.

Regrets
"Je regrette. Je regrette tout ce que j'ai fait...", a dit d'une voix hésitante Monique Olivier, s'adressant une ultime fois à la cour avant la clôture des débats. "Monique Olivier est une pauvre bonne femme incapable de nuire individuellement à quiconque dans la société", a affirmé pour sa part Michel Fourniret à décharge de sa femme, malgré l'"énorme dent" qu'il dit avoir contre elle.

S'exprimant d'un ton moins assuré qu'à l'accoutumée, il a lu des amphigouris rédigés sous forme de rimes, dans lesquels il a décerné de bonnes et de mauvaises notes aux différents acteurs du procès, s'en prenant particulièrement à l'avocat général, le "petit Francis" Nachbar, qu'il a qualifié de "roquet" et de "vitupérateur" qui, dans "son gigantesque réquisitoire, a caricaturé à outrance chaque élément de l'instruction". "Gloire à toi, Francis!", a-t-il lancé, fustigeant également les "mensonges" de certains témoins.

"Grand bonhomme"
"Aucun texte n'interdit au petit Fourniret, à la personnalité caméléon, d'avoir le coeur grand d'un bonhomme assorti d'une paire de grandes paluches", a-t-il encore lu, attribuant ces propos au "Michel blanc", qu'il oppose au "Michel noir". Pour sa défense, Me Pierre Blocquaux, un de ses trois avocats commis d'office, a rappelé à propos du tueur en série présumé que "quoi que soit le caractère horrifiant des actes qu'il a pu commettre, c'est un homme qu'on juge. Michel Fourniret appartient à notre condition humaine, hélas! S'il n'était pas un homme, ce procès n'aurait pas de sens".

Pas en appel
"Il sait qu'il terminera son existence en prison. L'acceptation (de son sort) est le seul petit signe qu'il puisse faire. Il ne relèvera donc pas appel" de sa condamnation plus que probable, a poursuivi l'avocat, un des trois conseils de la défense commis d'office. Pour l'accusé, qui refusait d'être défendu car s'estimant "indéfendable", "la seule défense utile aurait été de le défendre contre lui-même, de l'arrêter", mais "l'ensemble des rendez-vous manqués et les incuries" de la justice ont empêché de stopper à temps le tandem meurtrier qu'il formait avec son épouse, a-t-il ajouté.

Me Blocquaux a déploré enfin "la contamination mortifère" de l'affaire qui, outre les sept jeunes filles tuées, a aussi fait des "victimes collatérales", comme ces personnes un temps accusées à tort de certains de ces crimes ou une des filles jumelles de l'accusé, qui s'est suicidée face à l'horreur des actes commis par son père. Contrairement à la veille, les familles des victimes ont assisté à la plaidoirie de la défense de Michel Fourniret. Les avocats de Monique Olivier avaient demandé lundi à la cour d'assises de "faire la différence" entre le tueur en série présumé et leur cliente, "qui n'est pas un tueur", mais une "complice" et une victime supplémentaire du "pouvoir de manipulation de Michel Fourniret".

Perpétuité
Le procès de Michel Fourniret, 66 ans, jugé pour sept meurtres aggravés de jeunes filles, commis en France et en Belgique entre 1987 et 2001, et de son épouse Monique Olivier, 59 ans, accusée d'être coauteur d'un meurtre et complice de trois autres, s'est ouvert le 27 mars. Le parquet général a requis la réclusion criminelle à perpétuité, incompressible pour lui, c'est-à-dire sans possibilité d'aménagement de peine, et assortie d'une période de sûreté de trente ans pour elle.

En France, un appel d'une condamnation aux assises est possible depuis le 1er janvier 2001, dans un délai de dix jours à compter du prononcé de l'arrêt. Cet appel circulaire n'est pas examiné par une juridiction supérieure, mais par une autre cour d'assises, dans un autre département. Un pourvoi en cassation reste possible contre l'arrêt de la cour d'assises d'appel. (belga/7sur7)
27/05/08 15h57
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