Perpétuité pour Fourniret et Olivier

sauvegarder
Par: rédaction
28/05/08 - 15h16
MISE À JOUR

Le tueur en série français Michel Fourniret, 66 ans, et son épouse et complice Monique Olivier, 59 ans, ont été condamnés mercredi à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises des Ardennes (nord de la France) pour sept meurtres aggravés de jeunes femmes ou d'adolescentes, précédés de viols ou de tentatives, et les agressions de trois autres jeunes filles, commis en France et en Belgique entre 1987 et 2003.

La cour d'assises des Ardennes a condamné, cet après-midi, Michel Founiret à la peine maximale fixée par le Code pénal: la réclusion criminelle à perpétuité incompressible. Son épouse a été condamnée à la perpétuité, assortie d'une période de 28 ans de sûreté.

Les deux époux comparaissaient depuis le 27 mars. Le président de la cour d'assises, Gilles Latapie, a précisé que les deux condamnés disposaient d'un délai de 10 jours pour faire appel. Un des avocats de Michel Fourniret a indiqué, mardi, que son client ne comptait pas user de ce droit.

Période de sûreté de 28 ans
La réclusion à perpétuité est assortie d'une période de sûreté de 28 ans pour Monique Olivier (contre 30 ans requis), et incompressible pour Michel Fourniret, en raison du viol et de l'assassinat de Mananya Thumpong, 13 ans. Ce crime a été commis en 2001, après l'entrée en vigueur en 1994 d'une loi prévoyant qu'un assassinat précédé d'un viol sur un mineur de moins de 15 ans peut entraîner la prison à vie sans possibilité d'aménagement de peine.

Cette peine est la plus lourde du code pénal français. Monique Olivier n'était poursuivie que pour des crimes antérieurs à 1994. Au terme d'un délibéré d'une vingtaine d'heures, Michel Fourniret, 66 ans, a été reconnu coupable des cinq meurtres et des deux assassinats, précédés de viols ou de tentatives, dont il était accusé.

Culpabilité comme coauteur non retenue
Son épouse, 59 ans, est condamnée pour complicité dans quatre meurtres, sa culpabilité comme coauteur dans l'homicide de Jeanne Marie Desramault, dans les Ardennes en 1989, n'ayant pas été retenue par la cour et le jury. Elle a aussi été condamnée pour viol en réunion - elle avait stimulé sexuellement son mari avant le viol d'Isabelle Laville en 1987 - et complicité de viol.

Le tueur en série, la barbe rasée et les cheveux fraîchement coupés, et Monique Olivier sont restés impassibles durant la lecture du verdict. Le président de la cour, Gilles Latapie, les a appelés "à faire en sorte que les débats mettent fin à la procédure afin que chacun puisse se
retirer dans le silence et l'apaisement".

"Pas d'appel"
Selon son avocat, Fourniret ne compte pas user de son droit de faire appel dans les dix jours. Durant les deux mois qu'aura duré son procès, "l'ogre des Ardennes", qui a reconnu laconiquement une partie de ses crimes, a gardé la "bouche cousue", faute de huis clos. Il n'a rompu son mutisme, entrecoupé de quelques emportements, que brièvement, à la demande de ses enfants venus témoigner, sans toutefois faire de révélations.

Monique Olivier n'a cessé de minimiser sa participation dans les faits en se présentant comme une femme soumise à un mari qui la terrorisait. La première victime du couple, Isabelle Laville, a été violée et étranglée à 17 ans, le 11 décembre 1987 dans l'Yonne (France), deux mois après la sortie de prison de Michel Fourniret, qui était incarcéré en région parisienne pour des agressions sexuelles. Son corps ne sera retrouvé qu'en 2006.

"Pacte criminel"
Le crime apparaît comme la première mise en application d'un "pacte criminel" qui, d'après la justice, a été conclu par le couple alors que lui était détenu et correspondait avec sa future épouse rencontrée via une petite annonce. En échange du meurtre de son premier mari, l'ancienne garde-malade devait aider celui qui allait devenir son nouvel époux à trouver une fille vierge pour assouvir son fantasme.

Le mode opératoire mis en oeuvre pour attirer l'adolescente servira aussi pour d'autres victimes: Fourniret repère une jeune fille qu'il aborde en voiture, prétexte la recherche d'un médecin ou d'une adresse pour la faire monter à bord, puis l'emmène chez lui ou dans un lieu isolé pour la violer et la tuer. La présence dans la voiture de Monique Olivier, voire du bébé du couple, né en 1988, permet de lever toute défiance chez la victime.

Elisabeth Brichet
Après ce premier meurtre suivront ceux de Fabienne Leroy, 20 ans, violée et tuée dans la Marne le 3 août 1988, de la Namuroise Elisabeth Brichet, 12 ans, enlevée le 20 décembre 1989 à Saint Servais et tuée le lendemain, après des tentatives de viol, au Château du Sautou, ancienne propriété du couple à Donchery (France). Son corps et celui de Jeanne-Marie Desramault, 21 ans, tuée le 18 mars 1989, y seront retrouvés en juillet 2004 sur les indications de l'accusé.
Natacha Danais, 13 ans, est à son tour tuée le 21 novembre 1990. Michel Fourniret commettra seul ses deux derniers assassinats: Céline Saison est tuée le 16 mai 2000 à l'âge de 18 ans après avoir été violée et enlevée à Charleville-Mézières, et Mananya Thumpong, 13 ans, le 5 mai 2001 à Sedan. Pour cette dernière, le tueur en série niait la circonstance aggravante de viol qui lui a valu l'incompressibilité de sa peine.

Enlèvement manqué
Il a aussi été condamné pour trois autres faits commis en Belgique: l'agression à caractère sexuel d'une toiletteuse pour chiens à Jambes en janvier 1995, une tentative d'enlèvement à la gare de Gedinne en février 2000 et l'enlèvement manqué de "Marie" à Ciney le 26 juin 2003, lequel mènera à son arrestation.

Les accusés ont aussi été déchus de leurs droits pour une période de dix ans et seront inscrits au FIJAIS (Fichier judiciaire national des auteurs d'infractions sexuelles). Les médias, comme le public, étaient venus en nombre pour écouter le verdict. La cour entamera l'examen du volet civil du dossier jeudi à 10H00. (belga)

Votre avis nous intéresse!