Les experts en botanique et en chimie analytique ont été entendus lundi après-midi devant la Cour d'assises de Liège. L'analyse tend à démontrer que c'est sur le site du chemin de fer qu'Abdallah Ait Oud a amassé les déchets végétaux présents dans les poches du pantalon qu'il portait au soir de la disparition de Stacy Lemmens et de Nathalie Mahy.
L'expert de l'INCC Luc Bourguignon, spécialisé dans les analyses de la botanique, a relevé que de nombreux échantillons de végétaux ont été retrouvés dans les poches de l'accusé. La présence de ces végétaux aurait été facilitée par le fait qu'Ait Oud portait un pantalon particulier aux poches béantes le 9 juin 2006. Des déchets ont également été retrouvés dans le système d'évacuation de l'évier dans lequel trempait le jeans qu'il portait le jour des faits. Vingt-deux épines de ronces, des écailles de capsules d'arbre à papillons, des épines d'ortie, des fleurs de Robinia et une fleur d'avoine sauvage ont été retrouvés dans les échantillons végétaux.
L'expert a précisé que plusieurs sites de la région liégeoise, où Ait Oud prétendait avoir amassé ces végétaux, ont été expertisés en vue de vérifier ses déclarations. Il ressort de l'expertise réalisée que la plupart de ces échantillons sont présents sur les différents sites mais pas tous de manière simultanée. Un seul endroit présente la caractéristique de regrouper toutes les espèces répertoriées et c'est le site du chemin de fer, là où ont été retrouvées les deux victimes. Mais c'est surtout la fleur d'avoine sauvage, que l'on retrouve uniquement sur le site du chemin de fer et nulle part ailleurs, qui tend à contredire les explications fournies par l'accusé.
"Si tous ces échantillons de plantes sont arrivés en même temps dans les poches et sur le pantalon, cela s'explique uniquement par la présence de l'accusé sur le site du chemin de fer entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin 2006, a précisé l'expert Bourguignon. La récolte unique de ces échantillons sur les autres sites est exclue, en particulier par la fleur d'avoine sauvage, une plante spécifique que l'on ne retrouve pas ailleurs." Enfin, l'expert en chimie Gilbert De Roy a été chargé de comparer des traces de briques relevées sur le pantalon d'Ait Oud et de les comparer à des échantillons prélevés en deux lieux.
Ces analyses menées au départ des résidus trouvés sur le pantalon lavé n'ont pas été concluantes, la comparaison ne pouvant être effectuée entre les échantillons de référence. Par ailleurs aucune trace de vomissure n'a pu être mise en évidence. Cette expertise n'a donc pas permis de donner de réponse positive ou négative aux questions soulevées. "Cela démontre bien le caractère objectif de l'enquête qui n'a voulu négliger aucun élément et aucune analyse", a précisé Me Moureau, un des avocats de la partie civile, à l'issue de l'audience. Mardi matin, la Cour entendra 16 témoins, principalement des personnes qui résident dans le quartier de l'accusé ou de sa compagne de l'époque.
Le moment phare de la journée se déroulera cependant l'après-midi, avec la descente de la Cour d'assises de Liège sur les lieux de la découverte des corps de Stacy et Nathalie. La Cour visitera aussi divers endroits stratégiques du dossier. Il ne s'agit pas d'une reconstitution mais d'une simple visite des lieux en audience publique et en présence de la Cour, des jurés, de toutes les parties et du public qui désire y assister. (belga)


