La salle du centre culturel Wolubis n'était pas assez grande lundi soir pour contenir les centaines de personnes venues participer au meeting de soutien aux bourgmestres de trois communes à facilités que le ministre flamand des Affaires intérieures a refusé de nommer depuis 520 jours.
Les trois bourgmestres et la plupart des autres intervenants ont revendiqué le respect de la démocratie dans les communes à facilités. Ils se sont défendus de toute attitude provocante à l'égard de la Flandre. A leur arrivée, les participants ont été accueillis par une trentaine de membres du Taal Aktie Komitee aux cris de "Fini avec les wallons, fini de payer"; "Facilités, stupidités"; "Arrêtez l'impérialisme francophone, la périphérie n'est pas à vendre". De très nombreux mandataires de la périphérie, toutes formations francophones confondues, mais aussi de Bruxelles, avec une forte dominante MR, ont été de la partie.
Humour
Mais d'autres mandataires socialistes bruxellois (les députés
fédéraux Yvan Mayeur et Karine Lalieux) et cdH (le sénateur Francis
Delpérée, et le député bruxellois André Dubus) avaient fait le déplacement. Dans la salle de spectacle de 450 places qui n'a pas suffi pour accueillir tout le monde, le meeting organisé à la demande de mandataires de la périphérie, a été oxygéné par des intermèdes d'humoristes. "L'humour est une forme d'intelligence qui fait parfois tant défaut à nos adversaires", a dit le président du FDF, ouvrant le bal des discours.
Pour Olivier Maingain, si on veut rétablir la confiance pour entamer le dialogue institutionnel, la nomination des bourgmestres de Linkebeek, de Crainhem et de Wezembeek-Oppem est un préalable. A l'applaudimètre, les trois bourgmestres l'ont très largement emporté sur les autres intervenants. François Van Hoobrouck (Wezembeek-Oppem) en a même profité un peu plus que les autres lorsqu'il a fait monter sur scène six élus francophones des Fourons "rattachés à la Flandre alors qu'ils faisaient partie de la province de Liège". "Si nous ne sommes pas nommés, et si les communes à facilités, après consultation de la population, ne sont pas rattachées à Bruxelles, la Région-capitale sera directement menacée. Sur la plupart des cartes de Vlaanderen, Bruxelles est représentée par une carte blanche. Vous voilà bien avertis", a-t-il lancé.
Appel au bon sens
Arnold d'Oreye, bourgmestre non nommés de Crainhem a dit "avoir mal à son pays". Il en a appelé au bon sens, à la Justice et à la raison. "Nous ne faiblirons jamais sur la démocratie", a-t-il dit. "Il n'est pas question de défier le ministre des Affaires intérieures flamandes Marino Keulen, mais simplement de lui demander le respect de la démocratie", a embrayé Damien Thiéry (Linkebeek). Rappelant qu'il était né à Linkebeek et qu'il y était devenu bilingue, il a demandé aux politiques de Flandre de se montrer plus tolérants. Au nom du président du MR Didier Reynders, Richard Miller s'est dit convaincu qu'"une solution au dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde nécessitera une réponse respectant le choix des électeurs des communes à facilités et permettant aux bourgmestres d'exercer leur fonction".
Pour André Peters, mandataire Ecolo de périphérie, l'enjeu de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal Vilvorde est avant tout social. Ceux qui sont mis en difficulté sont ceux qui ont besoin d'un logement social ou qui ont des difficultés à être défendus devant un
tribunal. Pour le cdH, Francis Delpérée a souligné que son parti n'attaquait personne. "Il n'accepte pas qu'il soit porté atteinte aux droits démocratiques élémentaires", a-t-il notamment dit. Jean-Louis Roefs, représentant socialiste de la périphérie, a jugé que la seule réponse valable à l'objectif de la Flandre de rompre les ponts entre les francophones de la périphérie et les autres, était d'exiger
l'élargissement de Bruxelles.
Jeune flamande
Chaleureusement applaudie elle aussi: une étudiante flamande, bilingue, qui s'est dite choquée des réactions actuelles d'une certaine Flandre dans laquelle elle ne se reconnaît pas en tant que jeune femme souhaitant davantage de tolérance et de respect pour la démocratie. (belga)


