MISE À JOUR
Le SLFP-Police a annoncé mardi le dépôt d'un préavis de grève pour la zone de Bruxelles-Midi. Il débutera le 15 juin et viendra à échéance le 31 août. Il constate, dans un communiqué, que "pour la xième fois le parquet de Bruxelles relaxe un auteur de coups et blessures volontaires, commis (à Anderlecht) à l'aide d'une arme à feu, ayant entraîné de graves blessures à la victime. Le SLFP-Police estime que "la coupe est pleine".
"Cette situation, voire un laxisme des autorités judiciaires, pose un réel problème aux policiers dont la charge psychosociale et le stress au travail deviennent intenables. La violence grave et gratuite devient le lot quotidien des collègues et les faits de récidives sont récurrents. La coupe est pleine. Les policiers ne sont pas le bouc-émissaire du système. La démotivation croît de jour en jour", poursuit le communiqué. Le SLFP-Police a donc estimé devoir déposer un préavis de grève, dans le cadre de la loi du "Bien-être", "afin que les autorités prennent leurs responsabilités".
Le 5 mai dernier, le SLFP-Police dénonçait déjà un "laxisme" des autorités judiciaires à la suite notamment d'un autre fait à Anderlecht au cours duquel deux plombs avaient été tirés sur des véhicules de police et pour lequel les trois mineurs interpellés par la police avaient été relaxés. Le SLFP se disait inquiet de voir rapidement libérés des auteurs de faits graves et avait constaté que cette situation se dégradait d'année en année.
Le SLFP-Police se demande si la police de la zone de Bruxelles-Midi, qui avait été perquisitionnée le 1er avril dans le cadre de deux dossiers judiciaires mis à l'instruction, portant d'une part sur un trafic de drogue et d'autre part sur des soupçons de corruption, de fraudes relatives au marché public, ne ferait pas l'objet d'un éventuel règlement de comptes à caractère politico-judiciaire. "Malheureusement, au vu des nouveaux faits, notre position se conforte dans notre questionnement", a déclaré Alain Yserbaet, vice-président national du SLFP-Police.
"Je ne veux pas m'immiscer dans le choix du parquet mais ce choix nous pose clairement problème. Cela provoque un sentiment d'impunité. La Justice ne peut laisser en liberté des individus dangereux sous prétexte d'un manque de place en institution ou dans les prisons", a-t-il ajouté.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un suspect âgé de 47 ans avait été interpellé par la police à la suite de coups de feu tirés dans un café de la place de la Vaillance à Anderlecht. Un client avait été blessé à la cuisse. Le parquet de Bruxelles avait indiqué que l'auteur des coups de feu n'avait pas l'intention de blesser et que les circonstances des faits n'étaient pas claires. Le suspect ne risque pas de récidiver d'après le parquet de Bruxelles qui n'a plus souhaité, mardi, revenir sur les faits. (belga)


