Une petite centaine de personnes s'est rassemblée mardi à partir de 12H30 devant la cathédrale Saint-Michel et Gudule à Bruxelles en vue de manifester son opposition au projet de circulaire de la ministre de la politique de l'asile et de la migration Annemie Turtelboom. L'appel à manifester avait été lancé par les mouvements de sans-papiers, les syndicats FGTB et CSC et des associations. Une délégation de 14 personnes a été reçue à partir de 13H00 par une membre du cabinet du premier ministre Yves Leterme.
Les organisateurs ont transmis une lettre dans laquelle ils déclarent que le projet de circulaire de Mme Turtelboom constitue une marche arrière par rapport à l'accord gouvernemental. Dans un autre courrier, l'Union de défense des sans-papiers rappelle à M. Leterme que neuf manifestants sans-papiers sont détenus en centre fermé depuis le 29 avril. Les sans-papiers et les deux syndicats estiment que la prise en compte du travail comme facteur principal d'intégration dénature l'esprit d'une politique de régularisation humanitaire. Ils dénoncent par ailleurs le fait que, selon le projet de circulaire, le demandeur de régularisation devrait disposer ou avoir disposé d'un séjour légal pour espérer une régularisation sur base de l'ancrage local durable.
"On nous a soutenu aujourd'hui que l'accès à la régularisation sur base de l'ancrage local sera ouvert également aux personnes qui ne disposent pas de séjour légal", a expliqué Frédérique Mawet, le directrice du CIRE, à l'issue de la réunion. La délégation n'a pas eu de réponse à la question du délai nécessaire à l'élaboration de la circulaire de la ministre Mme Turtelboom, qui avait été annoncée pour le 20 mai ou au plus tard début juin. La délégation a à nouveau réclamé auprès du cabinet du 1er ministre la mise en place d'un moratoire sur l'enfermement et les expulsions des personnes qui pourraient entrer dans les conditions établies par le projet de circulaire.
Les syndicats tentent de sensibiliser leurs affiliés à la question de la régularisation des sans-papiers. "Nous aurions évidemment souhaité être plus de 2.000 manifestants aujourd'hui mais il est difficile de mobiliser la masse. Au niveau des instances, nous considérons que nous devons soutenir les travailleurs sans-papiers au même titre que les autres", a expliqué Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB-Bruxelles. "Nous devons reconnaître que des travailleurs ont des craintes irrationnelles de perdre leur emploi. Nous organisons des formations mixtes avec des sans-papiers et des travailleurs pour qu'ils puissent se comprendre", a-t-il ajouté. (belga)


