La cour descend sur les lieux du crime
Le désormais tristement célèbre café "Les Armuriers".
L'audience de la cour d'assises de Liège s'est tenue à l'extérieur du palais ce mardi après-midi. C'est dans un car à double étages, dans lequel avaient pris place la cour, les jurés, les avocats, les parties civiles, une partie de la presse et l'accusé, bien entouré par les forces de l'ordre, que le président Goux a ouvert l'audience peu après 14H.
Seules Catherine Dizier, la maman de Nathalie, et Christine Depret, la grand-mère de coeur de Stacy, avaient choisi de monter dans l'autobus. Didier Mahy et Christiane Granziero ne souhaitaient pas se rendre sur les lieux des derniers instants de vie de leurs enfants. Thierry Lemmens a pour sa part suivi en voiture mais n'a pas participé à l'ensemble de la visite.
Le car s'est tout d'abord rendu derrière le domicile de Christelle Bertho, où l'accusé prétend qu'il a escaladé un mur et des ronces qui ont provoqué ses éraflures. Mais l'endroit est actuellement en chantier et ne ressemble plus en rien à la situation de 2006. Après un léger détour dû au blocage du car sous un pont puis dans une rue trop étroite, la visite s'est poursuivie dans le quartier Saint-Léonard. Devant le café "Les Armuriers", le car a été accueilli par des insultes des nombreuses personnes qui s'étaient rassemblées.
La police a confisqué des pommes de terre et des pêches pourries que certains avaient l'intention de lancer sur Abdallah Ait Oud. Celui-ci est resté impassible durant tout l'après-midi, ne manifestant aucun geste particulier ni aucune émotion. Enchaîné à des policiers, il s'est laissé promener pendant deux heures de manière très docile, regardant calmement autour de lui. La visite s'est poursuivie à pied, dans le quartier. De la place de la Vieille Montagne, la visite a conduit les participants vers le carrefour, à l'angle des rues Dony et Vivegnis, où un témoin dit avoir vu l'accusé le dimanche suivant les faits, vers 3H du matin, mal habillé et dans un état bizarre.
Ce n'est qu'à quelques dizaines de mètres de là, entre la voie ferrée et un haut mur de soubassement de l'impasse Macors, que les corps des fillettes ont été découverts le 28 juin 2006. Comme l'a stipulé le responsable de la cellule des personnes disparues, Alain Remue, la visite s'est faite dans les mêmes conditions de végétation qu'en juin 2006. Les participants ont ainsi pu constater que la végétation était dense et les ronces très nombreuses. Encadrées par des assistantes de justice, la maman de Nathalie et la grand-mère de coeur de Stacy, se sont rendues sur les lieux exacts de la découverte des corps des petites filles, cela à quelques mètres à peine de leur assassin présumé.
Toutes deux se sont effondrées en larmes après avoir vu le "trou" rectangulaire, profond d'environ 1 mètre et contenant de l'eau dans lequel le corps de Nathalie a été découvert, sous une plaque métallique. Ce dévidoir se situe dans un endroit presque inaccessible, non loin d'un cabanon dans lequel des fibres appartenant aux vêtements de l'accusé et de l'une des fillettes ont été découvertes. Si la visite n'a pas permis d'en savoir plus sur le déroulement exact des faits, elle a tout de même permis aux parties de se rendre compte des distances entre les différents endroits cités dans le dossier et de l'état des lieux. Cette visite, qui a duré près de deux heures, était également très chargée en émotion, les habitants du quartier criant leur colère à la tête de l'accusé.
Mercredi, la cour entendra deux experts de l'INCC (Institut national de criminalistique et de criminologie). (belga/7sur7)