La passagère d'un avion de la compagnie SN Brussels Airlines dit avoir été malmenée par la police le 16 mai à Brussels Aiport en raison du fait qu'elle s'est opposée au rapatriement d'un sans-papier vers le Cameroun. Elle prétend être interdite de vol sur la compagnie de Brussels Airlines, ce qui est démenti par celle-ci.
La passagère, de nationalité française, a expliqué qu'elle voulait rejoindre son mari sur une plate-forme quand elle a été plaquée au sol par des policiers et maintenue à terre durant cinq minutes. Saignant à la cheville et contusionnée, elle a fait constater ses blessures par un médecin. Une plainte a été déposée au Cameroun et d'autres devraient suivre en France et en Belgique.
Hurlements
Selon une source policière, le couple de Français a tenté, en poussant des policiers, d'atteindre l'arrière de l'avion où se trouvait l'homme qui faisait l'objet d'une expulsion. La femme et le mari ont été éloignés momentanément de l'avion "avec la force strictement nécessaire" selon cette source policière qui parle d'incident limité.
"Lors d'un arrêt de transit à Bruxelles, pour un vol en partance pour Yaoundé au Cameroun, j'ai constaté qu'il y avait un individu maintenu fortement par trois autres individus et qui portait une cagoule et une ceinture qui avait des menottes intégrées. On entendait des hurlements de 'bête' et la personne se plaignait de ne pas respirer", raconte Hermine Rigaud, la passagère.
Menaces
"Tous les voyageurs ont commencé à protester. J'ai alors demandé aux policiers d'avertir le commandant de bord. Tous les passagers demandaient le débarquement de la personne maintenue couchée afin que l'on puisse décoller", poursuit-elle.
La passagère aurait ensuite tenté de rejoindre son mari qui avait été emmené à l'arrière de l'appareil puis sorti sur une passerelle. "J'ai alors essayé de le rejoindre. C'est alors que le policier m'a fait une clé et je me suis retrouvée par terre et le policier sur moi. Il appuyait son bras sur mon cou de façon à me couper la respiration", explique la passagère qui aurait été menacée elle-même d'expulsion malgré sa nationalité française.
Pas d'interdiction
Du côté de la compagnie aérienne, on explique que la passagère s'est opposée verbalement et physiquement à la police à bord de l'avion et qu'elle s'en est prise également à l'équipage. Elle aurait créé d'autres problèmes durant le vol et à destination. Des avertissements lui ont été adressés par l'équipage mais la compagnie certifie qu'il n'a jamais été question d'une interdiction de vol.
Le couple français a pu rejoindre sa destination. L'homme qui faisait l'objet d'une expulsion a été rapatrié sans incident durant le vol selon la police. La passagère, contrairement à son mari, ne s'est pas présentée à l'embarquement pour son vol de retour, "malgré qu'elle soit toujours la bienvenue", précise la compagnie aérienne.
Incident
Le 26 avril dernier, un autre passager d'un vol de Brussels Airlines avait été sorti d'un avion et interdit de vol par la compagnie pour avoir réagi contre les méthodes utilisées par des policiers qui expulsaient une personne de nationalité camerounaise du territoire belge. Le Camourenais dont l'expulsion avait été annulée, s'était suicidé au centre fermé de Merksplas le 1er mai.
La compagnie SN Brussels Airlines estiment que les deux incidents sont isolés. "La décision d'annuler une tentative d'expulsion est prise conjointement par le commandant de bord et la police mais jamais à la demande d'un passager", explique SN Brussels Airlines.


