Bruxelles ne survivra qu'en relevant le défi de la formation

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Par: rédaction
6/06/08 - 16h38
Didier Gosuin.

Si le monde politique de la capitale n'arrive pas à relever rapidement le défi numéro un de la formation des jeunes sous-qualifiés qui gonflent chaque année les rangs des chômeurs, Bruxelles n'arrivera plus à établir la cohésion entre les différentes composantes de la population, a affirmé vendredi le chef de file du MR Didier Gosuin.

"Avec le Contrat pour l'Economie et l'Emploi, on a soutenu le développement économique. Mais la réalité commande de dire que ce n'est pas à travers le développement économique que l'on va régler le problème", a souligné Didier Gosuin, présentant l'ouvrage "le Défi social bruxellois" (Ed. Luc Pire), publié vendredi.

A un an des élections, Didier Gosuin a affirmé avoir rédigé ce livre pour ouvrir le débat et non pour polémiquer.

Il reconnaît que le Pacte pour l'Emploi mis en place par le gouvernement bruxellois sortant, dont il était membre, n'avait pas non plus constitué le bon outil pour faire face au flux incessant de jeunes sans qualification gonflant chaque année les rangs des chômeurs dans la capitale.

Or, la stratégie de Lisbonne vise à "booster" les matières grises et l'économie de la connaissance à défaut de disposer de matières premières en suffisance, a-t-il rappelé.

L'économie bruxelloise confirme que cet objectif est le bon, mais la réalité sociale démontre que la Région-capitale s'éloigne de plus en plus des objectifs fixés dans le cadre de cette stratégie européenne.
Le taux de chômage y est de l'ordre de 20pc mais de plus de 36% chez les jeunes, dont deux tiers sont sans qualifications.

Du même coup, dans certains quartiers, le seul modèle pour la jeunesse est le chômage, avec toutes les dérives que cela entraîne au niveau de la cohésion sociale.

Pour Didier Gosuin, la tuyauterie institutionnelle belge ne peut servir de rempart pour justifier l'inaction. Selon lui, la fragmentation institutionnelle du pays a effectivement coupé l'enseignement de la réalité économique.

Mais les mandataires politiques bruxellois ont des leviers en main pour agir. Ils doivent faire des choix différents avec les moyens dont ils disposent s'ils veulent inverser la tendance.

"Chaque année, la Région consacre 173 millions d'euros aux politiques de l'emploi. Il s'agit d'une politique curative. Il faudrait consacrer des moyens régionaux à la formation qui tient de la prévention sociale", a-t-il commenté.

Sur le plan institutionnel, Didier Gosuin prône la réalisation de projets par contrats de développement entre les acteurs concernés(actuellement 5 ministres francophones, "un nombre à diminuer") avec des objectifs et des comités de pilotage plutôt que par "accords de coopération entre ministres qui font comme s'ils se rendent visite à l'étranger".

"Il faut des calendriers et des contraintes sur les opérateurs. Pourquoi ne pas se donner un défi de ramener de 10% le taux de chômage chez les jeunes et diminuer de 10% le nombre d'infra qualifiés en 10 ans? ", a-t-il demandé.

D'après le chef de file MR, il faut en tout cas décloisonner les secteurs. Celui de l'enseignement de promotion sociale, par exemple, compte 175.000 élèves mais il n'est repris dans aucun programme de formation à Bruxelles. (belga)

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