Chaque fois qu'un élément lui est opposé, il vient avec sa petite explication. Mais vous devez voir le dossier dans son ensemble; la vérité ne peut pas être sectionnée. Le dossier parle; lui (l'accusé, ndlr) ne parle pas", a expliqué Me François-René Swennen, défendant les intérêts de la maman de Nathalie.
La cour d'assises de Liège a poursuivi vendredi après-midi les plaidoiries des parties civiles. Pol et Betty Marchal ont assisté à une partie de l'audience, en soutien aux familles.
"Tout dans les explications de l'accusé est anormal. Il y a un moment où il n'y a plus de place ni pour le hasard, ni pour le doute", a plaidé Me François-René Swennen, défendant les intérêts de la maman de Nathalie, et évoquant "d'hallucinantes jongleries".
L'avocat a souligné que l'accusé voulait avoir réponse à tout. "Chaque fois qu'un élément lui est opposé, il vient avec sa petite explication. Mais vous devez voir le dossier dans son ensemble; la vérité ne peut pas être sectionnée. Le dossier parle; lui (l'accusé, ndlr) ne parle pas", a-t-il expliqué aux jurés.
L'autre conseil de Catherine Dizier, Me Lucrèce Henrard, a pour sa part plaidé uniquement sur des éléments figurant dans le dossier, omettant les déclarations des témoins à l'audience. "Il y a 11.000 pages dans le dossier; toutes convergent vers Abdallah Ait Oud", a-t-elle expliqué, pointant régulièrement le box de l'accusé du doigt.
Me Henrard a également évoqué la douleur des familles, qui ne savent pas comment leurs enfants ont disparu.
"Jusqu'à quel point ont-elles souffert? Combien de temps? Qui appelaient-elles à l'aide? Combien de temps a duré l'étranglement? Nous n'aurons jamais la réponse", a regretté l'avocate. "En ne parlant pas, vous manquez totalement de respect vis-à-vis de la justice; vis-à-vis de vos victimes. Sans vérité, il n'y a pas de deuil possible", a-t-elle souligné.
Me Carole Dellicour, intervenant pour l'ex-épouse de Thierry Lemmens, qui a vécu avec Stacy pendant 2 ans, a elle aussi pointé du doigt ces questions sans réponse. "Les fillettes ont-elles gardé le souvenir d'un monstre ou se sont-elles souvenues que des gens les aimaient? ", a-t-elle demandé.
La culpabilité d'Abdallah Ait Oud ne fait aucun doute pour les parties civiles. "Vous risquez d'acquitter un monstre, un violeur de petite fille, un assassin, qui a retenu du passé qu'il fallait nier et non plus avouer; qui a retenu qu'il ne fallait plus laisser d'ADN en lavant ses vêtements; et qu'il fallait tuer pour ne plus laisser ses victimes raconter", a remarqué Me Henrard.
Le conseil du frère de Stacy, Me Fabien Greffe, a pour sa part plaidé sur les aspects techniques du dossier. Il a ainsi évoqué les cheveux de Stacy retrouvés dans le pantalon de l'accusé, ainsi que les fibres prouvant le "contact intense" entre l'accusé et les enfants. Les éléments botaniques retrouvés tant dans les vêtements des fillettes que dans ceux d'Abdallah Ait Oud ont également été mis en avant par l'avocat.
"Il n'avouera jamais", a conclu Me Anne Balland, intervenant également pour l'ex-épouse de Thierry Lemmens, rappelant que l'accusé a déclaré à l'expert qu'il "souffrait plus que ses victimes". "Il a dit le premier jour du procès que l'auteur des faits était un monstre. Dans ce cas, il ne peut pas avouer", a-t-elle souligné.
Lundi, la cour entendra le réquisitoire de l'avocat général, Marianne Lejeune, puis les plaidoiries des avocats d'Abdallah Ait Oud, Mes Olivier Martins et Caroline Poiré. (belga)


