La Belgique commandera un "groupement tactique" européen
La Belgique prendra pour la première fois, au second semestre 2009, le commandement d'un "groupement tactique interarmées" (ou "Battle Group") européen d'intervention rapide et y contribuera à hauteur de 1.350 hommes, a-t-on appris dimanche auprès du ministère de la Défense.
La décision, qui marque une ambition accrue de la Belgique dans cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), a été prise vendredi par le Conseil des ministres, après des mois de tractations. Le gouvernement a également approuvé une participation importante - 1.100 hommes - à la force de réaction rapide de l'OTAN, la "NATO Response Force" (NRF), au second semestre 2008.
L'idée de prendre le commandement d'un groupement tactique (GT, en anglais EUBG) était déjà contenue dans l'accord de politique étrangère négocié l'été dernier par les partenaires de l'orange bleue. Elle a été reprise dans la déclaration gouvernementale du cabinet Leterme 1er. "Ce projet ambitieux, inscrit dans l'accord gouvernemental, nécessite la mise à disposition d'environ 1.350 personnes et d'un quartier général de force", a souligné le ministère dans un communiqué.
Concrètement, la Belgique fournira à l'Union européenne un état-major de brigade - celui de la 7e brigade de Marche-en-Famenne - et un contingent de plusieurs centaines d'hommes pour former l'ossature de l'un des deux EUBG de 1.500 hommes en "stand by" chaque semestre. Le complément sera fourni par la France, a précisé un spécialiste du dossier à l'agence BELGA.
Un EUBG est constitué d'un bataillon renforcé par des éléments d'appui et de soutien logistique, soit environ 1.500 hommes. Il peut se déployer en cas d'urgence dans un délai de cinq à dix jours pour des missions d'une durée initiale de 30 jours, pouvant être portée à 120 jours, moyennant un réapprovisionnement approprié.
Deux groupements tactiques sont disponibles en permanence depuis le 1er janvier 2007, ce qui permet à l'UE de mener deux opérations militaire d'une manière quasi simultanée. Ils sont soit nationaux, soit multinationaux, avec la participation de 26 des 27 pays membres de l'UE, le Danemark bénéficiant d'une exemption en matière de défense dans les traités européens.
Selon un système de rotation, les deux groupements tactiques en "stand-by" sont relevés chaque semestre par deux autres constitués d'unités d'autres pays européens. Mais l'Union n'a encore jamais fait appel à ces unités, recourant par exemple à une force ad hoc (3.700 hommes, dont une majorité de Français) pour son opération EUFOR au Tchad et en République centrafricaine lancée au printemps.
Jusqu'à présent, la Belgique s'était pour sa part contentée de fournir une contribution parfois substantielle - jusqu'à 500 hommes - à certains EUBG, mais sans jamais en assurer le commandement. Ce concept est l'une des leçons tirées de l'opération "Artemis" menée à l'été 2003 à Bunia (Ituri, nord-est de la République démocratique du Congo) afin de renforcer temporairement les Casques bleus de l'ONU.
Le concept de "Battle Groups" oblige toutefois la plupart des Etats-membres à faire des choix en matière de contribution en tenant compte de leur participation à la NRF de l'OTAN. Le Conseil des ministres a ainsi décidé que la Belgique mettrait, au second semestre 2008, six chasseurs F-16, un navire chasseur de mines, du personnel au "Maritime Forward Logistic Site", un bataillon d'infanterie renforcé et un peloton d'artillerie anti-aérienne (soit environ 1.100 personnes) à la disposition de la NRF-11.
Au premier semestre 2009, pour la NRF-12, cette participation sera réduite à environ 435 personnes: six F-16, une frégate et un détachement CBRN (capacité de lutte contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires). Au second semestre 2009, la Belgique fournira 250 personnes à la NRF-13: six F-16, un navire chasseur de mines et du personnel au "Maritime Forward Logistic Site". (belga/7sur7)