Un médecin obligé à traiter une patiente par la justice
Une patiente de l'hôpital Sint-Maria-Halle a obligé le chef du service des soins palliatifs, Filip Geuns, à poursuivre un traitement via une décision sur requête unilatérale du tribunal, annonce De Zondag. Le médecin considérait que le traitement avec respirateur artificiel était inutile à cause de la situation désespérée. Il allait ainsi à l'encontre du souhait du patient et de sa famille. Une astreinte de 1.000 euros par jour a changé la donne.
Marie Corbeel, 53 ans, habitante de Lot, se battait depuis quelques années déjà contre un cancer du sein, avec des métastases aux poumons et à la plèvre, quand elle est arrivée au service des soins palliatifs de l'hôpital de Hal le 26 avril 2008. Elle y est décédée le 21 mai.
"A cause de sa plèvre abîmée, du CO2 s'accumulait dans ses poumons, ce qui l'a plongée plusieurs fois dans un état comateux. Le seul traitement efficace était la respiration artificielle pendant 24 à 48 heures", selon son fils. "Lorsque les symptômes sont revenus, j'ai demandé au chef de service de Hal -le docteur Geuns- de commencer ce traitement. Il a refusé parce que ce type de traitement était inutile selon lui."
Le fils a introduit une requête devant le tribunal de première instance. Le juge a été dur avec le médecin. "La prise de telles positions de la part d'un médecin, sans donner l'espoir de prolonger la vie, est humainement irresponsable." Ce médecin avait déjà fait la une de l'actualité il y a huit ans, quand il avait arrêté l'alimentation par sonde chez quatre personnes âgées. (belga)