Les partis francophones ont redit ce dimanche leur disponibilité à discuter d'une réforme institutionnelle qui rencontrerait l'intérêt de l'ensemble des citoyens du pays. Ils ont dénoncé les "provocations" voire le "chantage" du CD&V, qui estime que refuser une discussion sur ses propositions revient à jouer avec l'avenir du pays.
La nouvelle présidente du CD&V Marianne Thyssen estime qu'en refusant de discuter d'une réforme de l'Etat telle que la souhaite son parti, les francophones jouent avec l'avenir du pays. Les présidents des quatre principaux partis francophones étaient réunis ce dimanche autour de la table de l'émission "Mise au Point" sur la RTBF, un an après les élections législatives du 10 juin 2007. La présidente du cdH, Joëlle Milquet, a parlé de "chantage", le coprésident d'Ecolo, Jean-Michel Javaux évoquant une nouvelle "provocation". Interrogé en marge du débat, le président du PS, Elio Di Rupo, s'est demandé pourquoi vouloir toujours "exclure, exclure, exclure".
Sur RTL-TVI, le président du FDF, Olivier Maingain, a répété qu'il ne se sentait en rien enfermé dans des délais et que le 15 juillet ne constituait pas un tournant. Il a renvoyé au scrutin de juin 2009. "La clarification ne viendra qu'avec de nouvelles élections", a-t-il dit, ne rejetant pas l'option du confédéralisme mais "pas aux conditions de la Flandre".
Le président du MR, Didier Reynders, a rappelé sur la RTBF la propension des libéraux du nord comme du sud à "tenter d'avancer". Il a cependant fait part de son "inquiétude" à voir une Flandre "qui se referme sur elle-même". M. Reynders a également estimé qu'une des causes du blocage institutionnel résidait dans l'écart qui se creuse entre les Régions, estimant qu'il fallait à cet égard "se donner les moyens de changer les choses".
Cette dernière analyse a été rejetée par Mme Milquet et M. Di Rupo, le président du PS appelant les francophones à "aimer" la Wallonie faute de quoi ils offraient des arguments aux néerlandophones autonomistes. Il a rappelé que d'importants investisseurs ont décidé de rejoindre la Wallonie. Elio Di Rupo s'est dit partisan d'une "stabilisation du pays dans l'intérêt des gens". Mme Milquet a parlé d'une "obligation morale de réussir" mais "pas à n'importe quel prix". Et de préciser: "si on nous demande des choses inacceptables, nous dirons non".
Jean-Michel Javaux a une nouvelle fois soulevé "le manque de cohésion" au sein de la majorité et déploré les arguties institutionnelles sans fin alors que s'annoncent d'importants défis, énergétiques et climatiques notamment.
Didier Reynders a rappelé que la priorité pour les libéraux était l'amélioration du pouvoir d'achat. Son projet de nouvelle réforme fiscale n'a pas été rejeté, quant aux principes, par le cdH et le PS, qui ont cependant regretté que le ministre des Finances a entamé la discussion dans la presse plutôt qu'au sein du gouvernement. PS et cdH ont redit leur souhait d'obtenir une revalorisation des revenus, bas et moyens. Il faut que ce soit phasé et en fonction des marges disponibles, a indiqué Mme Milquet. Il faut aussi garantir le financement des pouvoirs publics et de la Sécu, et à cet égard il va falloir "trouver de l'argent ailleurs", a dit M. Di Rupo.
Enfin, la personnalité du premier ministre Yves Leterme, et sa chute dans un sondage, a suscité quelques commentaires. Le président du MR, Didier Reynders, s'est contenté d'évoquer le bon bilan... de Guy Verhofstadt. Elio Di Rupo a rétorqué qu'on a vu beaucoup messieurs Leterme et Reynders lors des matches du Standard. "J'attends un premier ministre. Il a un peu évolué mais pas suffisamment", a commenté Jean-Michel Javaux. Enfin, pour Joëlle Milquet, la chute du premier ministre dans un sondage "flamand" est... "peut-être bon signe". Pour la présidente du cdH, cela peut signifier qu'Yves Leterme a "commencé à rentrer dans ses habits fédéraux". (belga)
- Leterme prend des grosses claques


