Les parents des victimes ont exhibé des photos des fillettes en direction du jury.
Pol et Betty Marchal, parents d'An -victime de Marc Dutroux-, se sont installés sur le banc des parties civiles à proximité des jurés.
La défense estime qu'il s'agit de systèmes de pression et que les jurés ne peuvent plus juger Ait Oud de manière sereine.
Me Martins a provoqué ce lundi matin un incident d'audience au début de la troisième semaine du procès d'Abdallah Ait Oud. Après divers incidents qui se sont produits durant la seconde semaine et notamment vendredi dernier, journée consacrée aux plaidoiries des parties civiles, la défense de l'accusé estime que ce dernier n'a plus droit à un procès équitable et que les jurés ne sont plus à même de juger de manière sereine.
Alors que l'avocat général Marianne Lejeune devait prononcer son réquisitoire, Me Martins a réclamé la parole et a demandé à ce que soit actée une série d'incidents qui, selon lui, conduisent à la conclusion que l'accusé ne peut plus être jugé de manière sereine et équitable.
Vidéo sur RTL
L'avocat a d'abord évoqué la diffusion par la chaîne de télévision RTL-TVi, dans son journal de vendredi, d'une pièce à conviction du dossier relative au test du polygraphe auquel l'accusé a été soumis durant l'enquête. L'avocat a demandé à ce que le président Goux utilise son pouvoir discrétionnaire et instruise l'incident avant le réquisitoire afin de savoir dans quelles conditions la chaîne s'est fait remettre la pièce à conviction.
Publication controversée
Autre sujet qui concerne la couverture médiatique du procès, la publication dans la presse écrite des explications relatives au témoignage d'un expert avant qu'il soit entendu par la Cour. Me Martins a relevé, de plus, que cet expert s'était exprimé hors audience et a réalisé des commentaires faisant état de la culpabilité de l'accusé.
Pressions
La défense d'Ait Oud a aussi fait acter deux systèmes de pression qui auraient été effectués sur les jurés. Me Martins a soulevé que, lors de l'audience de vendredi, Pol et Betty Marchal (les parents d'Ann Marchal) se sont installés sur le banc des parties civiles à proximité des jurés. Ensuite, durant les plaidoiries des avocats, les parents des victimes ont exhibé des photos des victimes en direction des jurés. L'avocat a estimé qu'il s'agissait de pressions et que les jurés ne pouvaient plus juger son client de manière sereine.
"Où va-t-on?", a commenté Me Martins. "Je n'ai jamais vu autant de dérives dans un procès. Nous avons accepté de prendre la défense d'Abdallah Ait Oud dans un procès difficile où depuis 2 ans il est présenté comme le coupable idéal. Mais après cette série de dérives, nous estimons qu'il n'existe plus aucune sérénité dans ce procès et que notre client n'a plus droit à un procès équitable".
L'audience a été interrompue pour permettre à toutes les parties de prendre position sur ces arguments. (belga)


