L'avocat de Bertrand Sassoye, ex-membre des Cellulles Communistes Combattantes (CCC) arrêté jeudi dernier dans le cadre d'une enquête pour terrorisme, a obtenu ce lundi pour son client le report de l'audience devant la chambre du conseil à mercredi. L'avocat estimait ne pas avoir eu suffisamment de temps pour examiner le dossier.
Bertrand Sassoye était présent lundi au palais de justice de Bruxelles. Il comparaîtra mercredi en fin de matinée devant la chambre du conseil de Bruxelles, comme Constant Hormans, Wahoud Fayoumi et Abdallah Ibrahim Abdallah, également appréhendés jeudi. Les quatre personnes sont soupçonnées d'avoir pris part aux activités du mouvement terroriste italien d'extrême gauche Partito Comunista Politico-Militare (PCPM).
L'avocat de M. Sassoye, Me Laurent Kennes, a estimé ce lundi que son client avait été arrêté dans le cadre de faits relevant de l'expression de l'opinion politique et non du terrorisme.
"Il y a une législation fort contestée qui est en vigueur depuis plusieurs années et qui incrimine le fait d'être membre d'une organisation terroriste. Tous les commentateurs ont considéré qu'on pouvait légitimer cette législation qu'à la condition qu'elle ne remette pas en cause la liberté d'opinion politique et d'expression de cette opinion", a déclaré l'avocat de M. Sassoye.
"Or, parmi les éléments essentiels relevés dans ce dossier, je vois que l'on reproche à mon client d'avoir crypté des messages électroniques à caractère politique. Quand on reproche le fait de ne pas savoir lire le contenu de messages politiques, je crois que l'on touche à la liberté individuelle. Cela correspond à la critique formulée à l'égard de cette législation", a-t-il ajouté.
Me Laurent Kennes a expliqué que ces messages étaient liés à des activités contestataires contre le gouvernement mais non au terrorisme. Il a justifié le cryptage des messages par le souci de son client de ne pas révéler leur contenu, puisqu'ils visaient des activités contestataires, aux autorités et à la Sûreté de l'Etat, qui étaient susceptibles de surveiller M. Sassoye.
Le conseil de M. Sassoye a dit également que celui-ci avait soutenu en Italie des membres du PCPM en tant que membre d'une organisation de soutien aux prisonniers politiques. "Cette organisation vise à soutenir les prisonniers politiques sans pour autant cautionner leurs actes", a précisé Me Kennes. "Du côté des autorités judiciaires, on ne sait pas grand chose des contacts qu'aurait développés M. Sassoye avec des membres du PCPM. C'est un des problèmes du dossier", a dit l'avocat.
Bertrand Sassoye conteste formellement avoir participé à un quelconque attentat en Italie ou ailleurs depuis sa libération en 2000.
Au sujet de la mèche explosive retrouvée au domicile de M. Sassoye, l'avocat a indiqué que celle-ci était destinée à être utilisée pour allumer des fusées pyrotechniques lors d'un mariage et non pour un attentat terroriste.
Me Kennes n'a pas apporté d'explication au sujet des photographies d'identité de son client trouvées dans des documents saisis en Italie lors de l'arrestation en février 2007 de membres du PCPM. Il s'est contenté de dire que son client ne souhaitait pas s'exprimer devant les autorités judiciaires car il ne reconnaissait pas le système de la Justice. (belga)


