MISE À JOUR
Un cortège de six à dix mille personnes répondant à l'appel du front commun syndical (CSC, FGTB et CGSLB) a bouclé jeudi matin dans les rues de Bruxelles quatre jours de manifestations pour le pouvoir d'achat, qui auront vu 90.000 à 100.000 personnes, selon les syndicats, descendre dans les rues des principales villes du pays.
Sous une pluie incessante, le cortège des manifestants, abrités sous une armée de parapluies verts, rouges et bleus, a battu le pavé des rues de la capitale, dépassant largement les 3.000 participants espérés initialement par les syndicats. La manifestation, qui réunissait les régionales de Bruxelles et des deux Brabants, a permis aux responsables syndicaux nationaux de rappeler leurs exigences en matière de pouvoir d'achat et de solidarité interpersonnelle.
Les trois syndicats ont défendu notamment l'augmentation du salaire
minimum. La secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, s'est est une nouvelle fois prise tout particulièrement à la réforme fiscale du ministre des Finances Didier Reynders (MR), qui "profitera surtout à ceux qui n'en ont pas besoin" selon elle. Elle a plaidé pour une réforme fiscale "qui ne vide pas les caisses de l'Etat" et soit ciblée pour bénéficier aux bas et moyens revenus, et réclamé l'imposition des placements financiers.
En matière énergétique, la FGTB veut une baisse de la TVA de 21 à 6%sur le gaz, l'électricité et le mazout de chauffage, une mesure qui coûterait selon le syndicat socialiste 1,1 milliard d'euros. Cette somme serait supportée par le secteur de l'énergie qui bénéficie de "plantureux bénéfices", a encore indiqué Mme Demelenne. Le contrôle des prix, le remboursement total de l'abonnement des travailleurs aux transports en commun et des plans de mobilité en entreprise, constituent autant d'autres demandes du syndicat socialiste pour accroître le pouvoir d'achat des travailleurs.
La FGTB a réclamé des mesures dès le 15 juillet, jugeant hors de question que l'institutionnel forme un écran de fumée devant le socio-économique. "On ne va pas attendre l'hiver ni les négociations interprofessionnelles" prévues à l'automne, relève Anne Demelenne. "Il en va de la paix sociale dans le pays", menace-t-elle. Pour la CSC (chrétien), le président Luc Cortebeeck a insisté sur une revalorisation de l'ensemble des allocations, les plus élevées comme les plus basses, et leur liaison au bien-être. "Cela nous a été promis, et nous ne le lâcherons pas", a-t-il dit.
Il a réclamé l'augmentation des salaires minimaux de 20 euros au 1er
octobre, des moyens financiers dans le budget 2009 pour le 13e mois
d'allocations familiales, une réduction d'impôt sur les bas et moyens
revenus et le contrôle des prix de l'alimentation et de l'énergie. "Notre revendication première envers les employeurs, c'est le relèvement des salaires bruts", a encore martelé Luc Cortebeeck. La CGSLB (libéral), de son côté, a mis l'accent sur le rôle du Conseil de la concurrence, qu'elle appelle à prendre davantage de responsabilités pour endiguer la hausse des prix, plus forte en Belgique que dans les pays voisins, a relevé son président Jan Vercamst.
Il en appelle par ailleurs à une meilleure lutte contre la fraude fiscale et à la stabilité du gouvernement. La manifestation bruxelloise s'est déroulée sans incident notable et s'est disloquée peu après midi. (belga)
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