Joëlle Milquet, ministre de l'Emploi.
MISE À JOUR
La ministre de l'Emploi, Joëlle Milquet, a pris un arrêté royal visant à augmenter l'allocation de garantie de revenu (AGR) pour mieux lutter contre les pièges à l'emploi. L'AGR vise à garantir un revenu minimum au chômeur qui accepte un travail à temps partiel en lui accordant une allocation complémentaire. Cependant, actuellement, on tient compte de la situation de famille du chômeur pour le calcul de l'AGR.
Dorénavant, ce sera toujours le supplément le plus élevé qui sera garanti, c'est-à-dire celui accordé aux chefs de famille, soit 75,43 euros pour un emploi à mi-temps au lieu des montants actuels de 53,02 euros ppur les isolés et 30,06 euros pour les cohébitants. La ministre veut aussi que dans le calcul de l'AGR on ne tienne plus compte du bonus à l'emploi dans le calcul du revenu net du travail. Par le bonus à l'emploi, le travailleur récupère une partie de la cotisation personnelle de sécurité sociale. Ce bonus augmente donc le salaire net de 71,50 euros pour un emploi à mi-temps payé au minimum garanti.
Par la proposition de la ministre, on ne tiendra pas pas compte de cette augmentation du salaire net due au bonus à l'emploi. Un travailleur payé au minimum garanti verra ainsi, par la combinaison des deux mesures, son salaire net augmenter de 147 euros (71,50 euros du bonus à l'emploi et 75,43 d'AGR) au lieu des 30, 53 ou 75 euros perçus actuellement selon sa situation de famille. Mme Milquet veut aussi, toujours dans le cadre de la lutte contre les pièges à l'emploi, augmenter le plafond de revenu dans le chef du partenaire du chômeur ayant charge de famille.
Dans la sitaution actuelle, un chômeur est considéré comme ayant charge de famille si son partenaire ne perçoit pas de revenu professionnel supérieur à 414,44 euros nets par mois ou de revenu de remplacement. La ministre propose de relever ce montant à 600 euros but par mois. Elle entend aussi lutter contre les pièges à l'emploi pour les indépendants en intégrant le temps d'une activité en tant qu'indépendant dans le stage d'attente pour les jeunes demandeurs d'emploi.
Le coût des 2 premières mesures (AGR et bonus à l'emploi) est de 15 millions d'euros). Celui des deux autres est de 3 millions d'euros. Ce coût est couvert par l'enveloppe de 18,5 millions d'euros prévu dans le budget 2008 pour la lutte contre les pièges à l'emploi, a expliqué jeudi Mme Milquet lors d'une conférence de presse sur l'évaluation du système des titres-services. La ministre propose également par ailleurs la défiscalité du bonus à l'emploi, le renforcement de ce bonus, une prime de reprise de travail pour les familles monoparentales. Elle a aussi présenté une nouvelle formule de prime de mobilité pour les chômeurs qui acceptent un travail éloigné de leur domicile ou dans une autre région linguistique.
Sur ce dernier point, la ministre prpose deux primes: la première de 75 euros (par ex. pendant 12 mois) pour un chômeur qui accepte un travail dans une autre région linguistique et une autre également de 75 euros pour ceux qui acceptent un travail distant de plus de 75 km. Si les deux conditions sont remplies, le travailleur peut bénéficier d'un surplus de 150 euros. La première prime ne serait pas valable pour les Flamands ou les Wallons qui acceptent de venir travailler à Bruxelles mais bien pour les Flamands qui vont travailler en Wallonie, pour les Wallons qui vont travailler en Flandre, pour les francophones bruxellois qui vont travailler en Flandre et pour les Flamands de Bruxelles qui vont travailler en Wallonie.
C'est une proposition, a commenté la ministre, elle doit encore faire l'objet de discussion également avec les Régions. "Elle me semble en tout cas plus simple que celle proposée par les partenaires sociaux de tenir compte du taux de chômage dans la commune dont le chômeur est originaire", a-t-elle ajouté. La mesure favorisant la mobilité devrait aller de pair avec la formation et devrait être renforcée par des mesures fiscales, note encore la ministre. Ces dernières mesures feront l'objet au de discussions au sein de la majorité pour le 15 juillet, date à laquelle le gouvernement promet une déclaration non seulement dans le domaine institutionnel mais aussi sur le social. (belga)


