Le rapport du Conseil supérieur de la Santé (CSS) sur les troubles de conduite chez les enfants et adolescents ne vise en rien à mettre au point un système de dépistage à des fins de sécurité et d'ordre public, a expliqué jeudi le professeur Isidore Pelc, président de la section "santé mentale et facteurs psycho-sociaux" du CSS.
L'an passé, le CSS a décidé, de sa propre initiative, de rédiger un rapport en vue de remettre un avis sur ce sujet qui surgit fréquemment dans l'actualité et interpelle la société. "Nous avons le sentiment, et pas seulement des médecins, que l'on s'y retrouve difficilement quand un jeune ne va pas bien. On retrouve parfois des excès dans un sens, avec une approche très médicale, ou dans un autre", a souligné M. Pelc. Le rapport se veut un état des lieux des différentes approches en Belgique et à l'étranger des troubles de conduite chez les enfants et adolescents ainsi que des pratiques auxquels ils donnent lieu.
L'élaboration du rapport, assorti de recommandations, est toujours en cours et devrait aboutir à la fin de l'année. L'initiative a d'ores et déjà soulevé la polémique. Des enseignants, intervenants sociaux, psychologues ou médecins, regroupés au sein du collectif "forumpsy.be", en contestent le bien-fondé. A leurs yeux, l'idée même d'envisager un tel rapport révèle déjà une option éthique sur la question et ils craignent que l'on tende en douce vers une forme de dépistage précoce de la délinquance. Les représentants du collectif ont fait part jeudi de leurs appréhensions à la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx. Elle souhaite que tout le monde puisse être entendu, leur a-t-elle indiqué.
Cette levée de boucliers étonne le professeur. "On se demande contre quoi ils se mobilisent. Le rapport n'est pas encore sorti. Ils imaginent peut-être que l'on veut médicaliser l'approche des troubles de conduite mais ce n'est pas ça du tout. C'est même pratiquement l'inverse", a-t-il fait remarquer. M. Pelc se défend de toute velléité de mettre au point un système de dépistage précoce des troubles de conduite. "Le but n'est en rien d'établir un système qui permettrait d'élaborer un diagnostic mais peut-être de se dire, à partir d'une grille de lecture, que tel ou tel enfant mérite simplement un peu plus d'attention", a-t-il dit. (belga)
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