"Le Secours Rouge discrédité par les arrestations au sein des CCC"
Flore De Wit, porte-parole du Secours Rouge.
Bertrand Sassoye et Pierre Carette.
Le Secours Rouge a dénoncé lundi, lors d'un point presse organisé dans les locaux de la Ligue des droits de l'Homme, une criminalisation de leur association par les autorités judiciaires et les médias à la suite de l'arrestation de quatre de leurs membres, inculpés du chef d'appartenance à une organisation terroriste.
Le Secours Rouge, une association de solidarité internationale d'extrême gauche qui vient en aide aux prisonniers "politiques détenus pour leur action progressiste, antifasciste et anticapitaliste", estime que les arrestations du 5 juin dernier de Bertrand Sassoye, Wahoub Fayoumi, Ibrahim Abdallah et Constant Hormans ont entretenu "confusion et amalgames" au sein des médias.
"L'arrestation de Pierre Carette a permis de ressusciter les CCC. Cette instrumentalisation a entretenu l'idée d'une menace terroriste en se servant de noms. Les arrestations ont également permis de nourrir l'idée que le Secours Rouge est un repaire de criminels", a déclaré Flore De Wit, porte-parole du Secours Rouge.
"A l'investigation de la police et du parquet fédéral cherchant à justifier des poursuites, la presse a fait référence aux CCC, qui sont dissoutes et disparues depuis plus de 20 ans. Il a été révélé que toutes les activités du Secours Rouge en Belgique étaient depuis près d'un an et demi soumises aux méthodes particulières de recherche et que de cette enquête n'est sorti aucun élément qui puisse conduire à des inculpations", a-t-il ajouté.
Le Secours Rouge a exprimé lundi sa solidarité avec les quatre inculpés et avec Jean-François Legros, qui a été privé de liberté pour ne pas avoir respecté les conditions de sa libération. Pierre Carette, l'ex-CCC qui fait également l'objet d'une révocation de liberté conditionnelle et qui, lui, n'est pas membre du Secours Rouge, a demandé à ne pas être impliqué dans la défense collective mise en place par l'organisation de soutien aux prisonniers politiques.
L'avocat de Bertrand Sassoye a indiqué que les quatre inculpés manifestaient une solidarité entre eux. Me Laurent Kennes estime que son client et les trois autres inculpés subissent l'effet d'une stigmatisation d'un courant de pensée. "On confond la lutte des classes, qui est une terminologie marxiste, avec une activité terroriste. Il y a une confusion des genres", a dit l'avocat qui pense que le parquet fédéral n'a pas saisi le sens exact de la mission du Secours Rouge. Selon Me Kennes, l'élément clé du dossier, en l'occurrence la découverte des photographies des inculpés dans un potager en Italie, a été lu sous un angle politique.
Il a dénoncé les méthodes utilisées dans ce dossier, dont des actes intrusifs comme des écoutes téléphoniques, le recours à la détention préventive ou la révocation de la liberté conditionnelle. L'avocat a qualifié le recours à cette dernière méthode "d'hypocrite", estimant que "la révocation de la liberté conditionnelle de son client n'aurait jamais eu lieu si le vocable terroriste ne figurait dans ce dossier".
Le Secours Rouge a annoncé que Ibrahim Abdallah passerait devant la Chambre des Mises en accusation le 21 juin mais ignorait la date de comparution des trois autres inculpés. Bertrand Sassoye et Jean-François Legros comparaîtront devant le tribunal d'application des peines respectivement le 24 juin et 1er juillet. (belga)