Patrick James condamné à 21 ans de réclusion criminelle
La cour et le jury d'assises de Bruxelles-Capitale ont condamné mardi Patrick James, 36 ans, à 21 ans de réclusion criminelle pour un assassinat commis sur la personne de Natacha K., 20 ans, la nuit du 30 juin au 1er juillet 2006, dans la forêt de Soignes.
Le trentenaire a mis la victime à mort à l'aide d'une lourde branche d'arbre avec laquelle il l'a frappée, principalement sur la tête, provoquant une large fracture du crâne. Selon les médecins légistes, la jeune fille a survécu une demi-heure au moins à ses blessures et plus probablement de une à deux heures, compte tenu de son jeune âge et de sa résistance physique optimale. L'arrêt qui condamne l'accusé précise que "selon les experts psychiatres, le narcissisme est la principale caractéristique de la personnalité de l'accusé, narcissisme qui a alimenté une mythomanie au point de la rendre perverse" et que "l'examen psychologique a mis au jour une personnalité névrotique dont les traits principaux appartiennent au registre de l'obsessionnel avec, outre des tendances narcissiques importantes, des tendances paranoïdes et un recours à la manipulation visant à soumettre autrui à sa volonté et à le contrôler, l'aménagement de type pervers - s'initiant dans l'enfance - étant, quant à lui, également mis en évidence".
La cour et le jury ont souligné "le machiavélisme de l'accusé qui, avec l'assistance de cousins supposés qui dialoguaient - principalement par courriels - avec la victime, avait fait croire à celle-ci qu'elle était atteinte d'une maladie mortelle, dont le seul remède était d'entretenir des rapports sexuels avec lui seul" et le fait que "l'accusé n'a pu admettre que l'objet de sa passion ait repris sa liberté, que l'expertise médico-légale a mis en lumière l'extrême violence dont a fait montre l'accusé pour réaliser son funeste dessein".
Les trois juges professionnels et les jurés ont indiqué cependant qu'ils avaient retenu plusieurs circonstances atténuantes résultant "de l'absence de tout antécédent judiciaire et, aux dires des experts psychiatres, d'une fragilité affective résultant des carences pendant son éducation, tant dans l'environnement familial que dans le milieu scolaire, ainsi que du fait que, séparé de son épouse, il éduquait de manière attentive ses deux jeunes enfants tout en travaillant régulièrement".
L'arrêt rappelle aussi que les psychiatres ont préconisé une thérapie approfondie et que "s'il est vrai que l'accusé était parfaitement intégré professionnellement et nourrissait une affection profonde à l'égard de ses jeunes enfants, avec lesquels il a gardé le contact et qu'il a mis sa détention à profit pour entamer un travail de réflexion sur lui-même, de même qu'il a amorcé un processus de responsabilisation, il n'en demeure pas moins, nonobstant les regrets exprimés, qu'il a ôté la vie d'une jeune femme âgée de 20 ans de manière particulièrement sauvage, ne supportant pas l'indépendance que la victime était en train d'acquérir".
Conclusion: "La peine prendra en compte ces éléments et sera proportionnée tant à la nature et à la gravité des faits, qu'au contexte particulier dans lequel ceux-ci ont été perpétrés et à la personnalité de l'accusé. Le taux de cette peine doit être suffisant pour marquer la désapprobation sociale tout en permettant au condamné de conserver un espoir de réinsertion sociale, à laquelle il aura à contribuer grandement". (belga)