Farid Bamouhammad, un Français de 40 ans dit "Farid-le-fou" et qui purge différentes lourdes peines à la suite de condamnations, a introduit devant le tribunal des référés de Liège une action qui vise à faire cesser les conditions exceptionnelles de détention qui lui sont imposées. Transféré à 18 reprises en l'espace de 2 ans, Farid Bamouhammad dénonce des conditions de détention qui s'apparentent à un traitement inhumain et dégradant.
Mercredi, l'audience du tribunal des référés s'est déroulée à huis-clos afin d'entendre les témoignages réalisés au cours d'une enquête sur les conditions de détention du condamné. Un des directeurs de la prison de Lantin, l'éditeur du livre écrit par Bamouhammad et sa mère ont été entendus. Farid Bamouhammad a contesté à plusieurs reprises ce régime unique de détention qui n'est appliqué qu'à lui.
Il a introduit des actions visant à contester ce régime et les différentes mesures strictes qui y sont associées. Une sanction disciplinaire a même été suspendue par le conseil d'Etat qui avait relevé une atteinte à ses droits fondamentaux. Mais au fil de ces procédures, Farid Bamouhammad est systématiquement transféré vers d'autres établissements.
C'est à la prison de Lantin que son régime est le plus strict, selon lui. Il est systématiquement menotté dans le dos lorsqu'il quitte sa cellule même lorsqu'il se trouve au parloir, il supporte des fouilles systématiques qu'il considère comme vexatoires et attentatoires à sa dignité tandis que ses entretiens se déroulent derrière des "grilles américaines".
Depuis l'introduction de cette nouvelle procédure, il a été transféré provisoirement à la prison de Louvain. Mais il pourrait revenir à Lantin et son conseil, Me Nève, espère lui faire éviter de renouer avec le même régime carcéral lorsqu'il y sera de retour. La défense estime que les mesures de transfèrement, pour des raisons obscures ou inavouées, visent à éviter tout contrôle du pouvoir judiciaire sur les conditions de détention de son client et que l'état mental de Bamouhammad semble se détériorer avec la persistance de ce régime carcéral strict.
Me Nève dénonce plusieurs violations des droits du détenu et des violations de la Convention européenne des droits de l'homme. La prochaine audience se déroulera en public le 1er juillet prochain et sera consacrée aux plaidoiries. (belga)


