Le juge d'instruction en charge du dossier de la catastrophe de Ghislenghien a suivi l'avis négatif du parquet de Tournai et a refusé les devoirs d'enquête complémentaires demandés par la SA Electrolux (ex-Diamant Boart), qui dispose de 15 jours pour faire appel, a-t-on appris ce jeudi de source judiciaire.
Les avocats de la société Electrolux ont été avisés mercredi que les devoirs d'enquête complémentaires qu'ils avaient sollicités ont été refusés par le juge d'instruction tournaisien Gérard Bresoux. Le parquet de Tournai avait déjà rendu un avis négatif concernant cette demande la semaine dernière. Electrolux avait introduit une demande de devoirs complémentaires le 9 juin dernier, alors que le juge Bresoux avait clôturé son instruction le 28 mai. Ce dernier avait un mois pour statuer sur la demande.
Maître d'ouvrage du chantier à l'origine de l'explosion de la conduite de gaz qui a fait 24 morts et 132 blessés sur le zoning industriel de Ghislenghien le 30 juillet 2004, Electrolux demandait notamment l'envoi de commissions rogatoires en France et en Norvège afin de déterminer les circonstances dans lesquelles les gestionnaires du réseau Satoil et Gaz de France avaient fermé les vannes de gaz lors de l'explosion.
"Dans l'ensemble, le juge d'instruction a suivi l'avis du parquet. Il a dit oui pour deux devoirs complémentaires, l'un administratif et l'autre de forme. Il a dit non pour les devoirs d'enquête. A présent, Diamant Boart a 15 jours pour faire appel de cette décision devant la chambre des mises en accusation de Mons. La chambre des mises est le dernier recours possible", a indiqué jeudi le premier substitut du procureur du roi de Tournai, Jean-Bernard Cambier.
L'instruction s'est soldée sur l'inculpation de 14 personnes physiques et de 8 personnes morales, dont l'entreprise Diamant Boart, pour coups et blessures involontaires et homicides involontaires par défaut de précaution ou de prévoyance. (belga)


