300 manifestants pour la libération des ex-CCC
Pierre Carette.
Quelque 300 personnes se sont rassemblées, samedi vers 11h00, devant la maison communale de Saint-Gilles, place Van Meenen, pour réclamer la libération des quatre inculpés soupçonnés par le parquet fédéral d'avoir pris part aux activités du mouvement terroriste italien d'extrême gauche Partito Comunista Politico-Militare (PCPM - Parti communiste politico-militaire) et de Jean-François Legros privé de liberté pour ne pas avoir respecté, selon le parquet, les conditions de sa libération.
Parmi les manifestants, se trouvaient Bahar Kimyongur, membre du DHKP-C et Pierre Carette qui avait arrêté le 5 juin pour ne pas avoir respecté, également selon le parquet, les conditions de sa libération et qui a été libéré mercredi soir par décision du tribunal d'application des peines. "Quatre d'entre vous sont accusés d'avoir des contacts avec les camarades du PCPM arrêtés le 12 février 2007. A la même époque, de nombreuses perquisitions et arrestations avaient déjà eu lieu à l'encontre de militants communistes, syndicalistes et étudiants (...). Toutes les structures attaquées en Belgique, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en France et en Suisse, ont en commun de travailler sur le terrain politique dans le cadre d'une lutte contre l'exploitation et l'oppression capitaliste. Elles veulent ouvrir un espace politique contre la répression qui développe des méthodes qui se durcissent conjointement avec la crise économique et politique", a déclaré une porte-parole du Secours Rouge, devant la prison de Saint-Gilles, en s'adressant aux quatre inculpés et à Jean-François Legros.
Après s'être arrêtés devant la prison de Saint-Gilles où sont actuellement détenus Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Hormans, le cortège de manifestants s'est dirigé vers la prison de Berkendael à Forest où est enfermée la journaliste Wahoub Fayoumi. "Quand on enferme des militants en Belgique, la Ligue des droits de l'homme est préoccupée. Dès le départ, la Ligue estimait que la loi contre le terrorisme n'était pas utile car le terrorisme en soi n'existe pas. C'est un qualificatif qui ne correspond en soi à aucune réalité mais qui permet de 'délégitimiser' les personnes qui font l'objet de soupçons et aussi d'introduire un arsenal répressif. Nous demandons de supprimer les infractions relatives au terrorisme qui sont trop floues et qui permettent de réprimer des délits d'opinion", a indiqué Julien Pieret, membre de la commission 'Justice' à la Ligue des droits de l'homme.
"Nous savons désormais surveillés en permanence. Cela me fait ni chaud ni froid. Le groupe d'extrême droite 'Blood and Honour' continue pendant ce temps impunément et tranquillement à mener ses activités dans des villages en Flandre. Il y a deux poids deux mesures", a réagi Thierry Delforge, du Secours Rouge. Les manifestants ont rejoint en fin de parcours la prison de Forest où est enfermé Bertrand Sassoye. (belga)