Le MR ne votera pas la réforme du Fonds des communes. Aux yeux des Réformateurs, le mécanisme qu'a mis en place le gouvernement wallon encouragera les communes wallonnes à augmenter la pression fiscale, a expliqué lundi le président du MR, Didier Reynders.
"Toute cette réforme a comme conséquence, sinon comme objectif, d'augmenter en Région wallonne la pression fiscale sur le travail, par le biais des additionnels à l'impôt des personnes physiques, et sur l'immobilier, par le biais du précompte immobilier. Tout pousse les communes à recourir aux prélèvements maxima", a-t-il affirmé, rappelant que la préoccupation du moment était pourtant le pouvoir d'achat des citoyens.
Le MR consteste la façon dont la réforme met en oeuvre le principe de solidarité entre les communes riches et les communes pauvres. Plus une commune pratiquera des taux élevés de prélèvement, plus la dotation qu'elle recevra du Fonds sera importante. Qui plus est, le Fonds est une enveloppe financière fermée: ce que l'un gagnera, l'autre le perdra. Selon les Réformateurs, cela pourrait donc signifier concrètement que si Liège et Charleroi augmentent leurs additionnels à l'IPP d'1% et le précompte immobilier de 100 centimes, les 251 autres communes verront leur dotation baisser automatiquement de 4%.
Les Réformateurs craignent que, de la sorte, le gouvernement wallon n'encourage la mauvaise gestion des deniers publics. "Aux autres, on leur dira: vous avez bien géré, tant pis! ", a ajouté M. Reynders. Le MR regrette également que le gouvernement n'ait pas intégré dans sa réforme les subsides qu'accordent les différents ministres wallons aux communes dans le cadre de programmes multiples. Il plaide pour l'intégration de ces sommes dans un Fonds accessible selon des critères objectifs.
"Aujourd'hui, chaque ministre alloue selon son bon vouloir qui dépend très fort dela couleur politique de la majorité en place. C'est arrivé à tout le monde de le faire mais, aujourd'hui, tirons un trait: pourquoi continuer? ", s'est demandé M. Reynders. Les Réformateurs essaieront de sensibiliser les mandataires des autres partis politiques à leurs arguments. "C'est un texte qu'il convient de revoir en profondeur", a souligné le député Willy Borsus.
La Commission des Affaires intérieures du parlement wallon clôturera mardi ses auditions sur cette réforme et entamera la discussion générale sur le projet de décret. (belga)


