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"Les accusations de Bart De Wever sans fondement"

La rédaction en chef du quotidien Le Soir juge les accusations de racisme portées par Bart De Wever, président de la N-VA, à l'encontre du journal, dénuées de tout fondement.

"Monsieur De Wever est actuellement éclipsé par la présence de Jean Marie Dedecker et semble embêté par le plus ou moins bon déroulement des négociations institutionnelles. Avec ces accusations, il cherche donc à réaliser un coup politique à peu de frais", déclare Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir.

La presse rapportait lundi matin que le président de la N-VA avait saisi le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) pour incitation "à la haine et à la violence", citant quatre articles du quotidien bruxellois qui, selon lui, étaient empreints de xénophobie. "Nous avons reçu le courrier de M. De Wever ce matin et il est à l'instruction", indique-t-on au Centre. "Nous allons toutefois remettre une analyse strictement juridique car nous n'avons aucune compétence en matière de racisme communautaire", explique Edourad Delruelle, directeur adjoint du CECLR.

Sur les quatre articles envoyés par Bart De Wever au Centre, un avait déjà suscité des réactions de la part de lecteurs flamands. "Nous avions alors envoyé au Soir un courrier, à titre informatif, leur indiquant que plusieurs personnes avaient fait part de leur mécontentement à la lecture de cet article", indique M. Delruelle.

La rédactrice en chef du quotidien confirme avoir déjà reçu plusieurs courriers après la publication de l'article en question mais précise qu'il s'agissait là d'une "caricature écrite". "De réelles caricatures ont déjà suscité bien plus de réactions", poursuit-elle.

Mme Delvaux estime par ailleurs que le patron de la N-VA fait preuve d'une certaine malhonnêteté lorsqu'il extrait les termes "Hitler" et "nazis" de leur contexte. Le texte qui reprend ces mots avait été publié dans les pages du Soir et dans celles du Standaard dans le cadre de l'opération "Cent contributions sur l'avenir de la Belgique". Il a été rédigé par un écrivain flamand qui avait été invité à livrer sa vision future de la Flandre.

Béatrice Delvaux s'étonne enfin des accusations d'incitation à la haine portées à l'encontre d'un quotidien qui "depuis plus d'un an a multiplié les initiatives de coopération avec des quotidiens du nord du pays, notamment De Morgen et De Standaard, pour contribuer à une meilleure compréhension entre les Communautés", précise-t-elle. (belga/7sur7)
23/06/08 17h54
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